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Platini : « La France… si les joueurs descendent du bus ! »

Michel Platini

Michel Platini - -

A deux jours de l’ouverture de l’Euro 2012, le président de l’UEFA Michel Platini s’avoue impatient de voir la compétition enfin démarrer. S’il voit l’Espagne et l’Allemagne au-dessus, il estime que la France aura un rôle à jouer.

Michel Platini, l’Euro 2012 se lance vendredi avec la rencontre Pologne-Grèce à Varsovie (18h). Les pays organisateurs (Pologne et Ukraine) sont-ils prêts ?

Ça a été difficile pour eux, mais aujourd’hui, je suis relativement satisfait de la manière dont ça se passe. On est dans les derniers mètres d’une très longue course et j’espère que tout se terminera à temps dans tous les stades. Il faut planter le dernier clou. Ce que je souhaite maintenant, c’est d’aller voir les matches en toute quiétude. On a travaillé pendant quatre ans comme des forçats donc j’ai envie de dire aux joueurs : « Faites-nous rêver ».

Quels sont les favoris de la compétition ?

Il y a deux équipes qui, pour moi, sont favorites. L’Allemagne et l’Espagne semblent au-dessus du lot si elles jouent à 100%. Si elles ne jouent pas à 100%, beaucoup d’équipes peuvent les battre. En 2004, la Grèce a gagné, c’était une équipe surprise. En 1992, c’était le Danemark, une équipe surprise aussi. Beaucoup d’équipes sont difficiles à battre.

Votre sentiment sur l’équipe de France…

Elle reste sur une belle série de 22 matches sans défaite. Elle a trouvé un style de jeu, de bons attaquants. Elle est en train de se perfectionner. C’est une équipe qu’il va falloir surveiller… si les joueurs descendent du bus !

« Le racisme ? Facile de pointer du doigt la Pologne et l’Ukraine »

Que pensez-vous de la décision du gouvernement français de ne pas se déplacer en Ukraine en raison des conditions de détention infligées à l’ancienne Premier ministre Ioulia Tymochenko ?

L’UEFA ne fait pas de politique et on ne fera jamais de politique politicienne, religieuse ou raciale. L’UEFA est une association qui n’est pas politique. Elle s’occupe d’organiser les compétitions pour tous les amoureux du football en Europe. Après, que des pays comme la France boycottent, ils sont dans leur rôle. Le mien, c’est de rester en dehors de tout ça. Il y a quatre ans, tout le monde a célébré l’ouverture vers l’Ukraine ou la Pologne. Depuis 6 mois, il faut que l’on change parce que Madame Tymochenko est hospitalisée et qu’ils ne la laissent pas sortir. Comment voulez-vous que l’on fasse ?

Certains pays, comme l’Angleterre plus particulièrement, s’inquiètent de la montée du racisme en Ukraine et en Pologne…

On peut s’apercevoir qu’il y a de plus en plus de nationalisme en Europe. C’est facile de pointer du doigt la Pologne et l’Ukraine pour des problèmes de racisme alors que beaucoup de pays sont concernés par ces problèmes. C’est facile de le faire avant l’Euro, mais nous avons les mêmes problèmes en France, aux Etats-Unis. Nous avons pris des mesures importantes avec le comité exécutif de l’UEFA pour donner la permission aux arbitres d’arrêter le match temporairement et éventuellement définitivement en cas de répétition de problèmes de racisme.

Propos recueillis par Loïc Briley à Varsovie