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Benfica-Chelsea : Les Blues au bout du suspense

La joie de Chelsea

La joie de Chelsea - -

En battant un Benfica dominateur grâce à un but signé Ivanovic dans la dernière minute du temps additionnel (2-1), Chelsea remporte la Ligue Europa un an après son succès en Ligue des champions. Un doublé C1-C3 inédit dans cet ordre dans l’histoire du football européen.

Le sport nous réserve parfois de drôles de clins d’œil. Prenez Chelsea et José Mourinho. A l’heure où le retour du technicien portugais dans le club londonien se précise avec insistance, ses possibles futurs joueurs lui ont offert une passerelle parfaite. En battant Benfica (1-0) ce mercredi soir à Amsterdam pour remporter la Ligue Europa, un an après son succès en Ligue des champions, les Blues ont en effet signé un doublé C1-C3 inédit. Le même, mais dans l’autre sens, que celui réalisé par le Porto 2003-2004 d’un certain… Mourinho. Un succès qui permet à Chelsea de devenir le cinquième club de l’histoire à remporter les trois Coupes d’Europe, dont feu la C2, après le FC Barcelone, la Juventus Turin, le Bayern Munich et l’Ajax Amsterdam. Et à Rafael Benitez de remporter son troisième trophée continental après la C3 en 2004 (Valence) et la C1 en 2005 (Liverpool).

Au bout des 45 premières minutes, pourtant, la tendance du soir dessinait un tout autre canevas. Un Benfica (très) dominateur mais maladroit devant. Un Chelsea incapable de mettre son jeu en place, bien trop timoré et au supplice devant les coups de boutoir offensifs portugais. Bilan ? Des tentatives nombreuses mais infructueuses côté Benfica, conséquences d’une possession de… 62%, avec notamment Salvio (11e), Gaitan (12eet 33e) ou Rodrigo (15e). Et une réponse timide mais dangereuse de Lampard, désormais meilleur marqueur de l’histoire de Chelsea, dont la frappe puissante (38e) sonnait le léger réveil des Blues. Un scénario quasi à sens unique et qui aurait pu trouver sa conclusion dès le retour des vestiaires. Sur un centre de Gaitan, la tête piquée de Cardozo trompait Cech, le portier londonien (51e). Mais un hors-jeu, logique, était sifflé.

Ivanovic libère les Blues

Et comme souvent dans ces cas-là, quand une équipe domine sans trouver la faille, le dominé va finir par surprendre le dominant. Sur une longue relance à la main plein axe de Cech, Fernando Torres ne se faisait pas prier pour profiter de l’erreur défensive de Garay et fixer Artur Moraes avant de glisser le cuir au fond des filets (1-0, 59e). Stupeur chez les supporters lisboètes. Ce but semblait même transformer les joueurs de Chelsea, devenus d’un coup plus agressifs et offensifs. Mais les Blues retombaient vite dans un travers symptomatique de leur campagne continentale.

Une main signée Azpilicueta dans sa surface offrait un penalty à Benfica, le… sixième concédé par Chelsea en compétition européenne cette saison (record du genre). Cardozo transformait l’affaire pour signer son septième but dans la compétition (1-1, 68e). Les Portugais ne lâchaient pas leur mainmise sur la rencontre et Cardozo, toujours lui, d’une demi-volée (81e) sortie par Cech, provoquait des frissons chez les joueurs de Rafa Benitez. Pas aussi énormes, tout de même, que ceux ressentis par le camp portugais quand Lampard écrasait une frappe des 25 mètres sur la barre peu avant le terme des 90 minutes réglementaires (88e). Cinq minutes plus tard, les frissons se transformaient en désillusion sur une superbe tête d’Ivanovic consécutive à un centre de Mata (2-1, 93e). Le week-end dernier, Benfica a quasi perdu le championnat portugais en concédant une défaite face à Porto dans les dernières secondes de l'avant-dernière journée. Ce mercredi, rebelote mais avec Chelsea en finale de la Ligue Europa. Il lui reste celle de la Coupe du Portugal pour accrocher un trophée. D’un possible triplé à une maigre consolation en quatre jours. Que le football peut être cruel.

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Alexandre Herbinet