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Bordeaux : Belgrade, terre hostile

Marc Planus

Marc Planus - -

Les Girondins se déplacent ce jeudi (21h) à Belgrade pour y affronter l’Etoile Rouge en barrage aller de la Ligue Europa. Trois ans après l’assassinat de Brice Taton, la délégation bordelaise sera surveillée de près dans la capitale serbe.

Personne n’a oublié son visage tuméfié. Ni les circonstances horribles de sa disparition. Brice Taton est décédé le 29 septembre 2009 dans un hôpital de Belgrade. Roué de coups avant d’être jeté du haut d’un escalier par des fans du Partizan, le supporter de Toulouse s’est éteint dans d’atroces souffrances à l’âge de 28 ans. Un drame qui a traumatisé la France et choqué la Serbie. Trois ans plus tard, un club de Ligue 1 se rend à nouveau à Belgrade. Bordeaux vient défier l’Etoile Rouge ce jeudi en barrage aller de la Ligue Europa. Un déplacement forcément particulier pour les Girondins et leurs supporters. 

« On a mis un système un peu spécifique en place, explique David Lafarge, le responsable de la sécurité du club au scapulaire. On a seulement autorisé le bus des ‘Ultras Marine’ parce qu’il est facile à suivre. Il est parti de Bordeaux mardi soir. On a aussi placé deux agents de sécurité avec les VIP et le président Jean-Louis Triaud. Je m’occuperai personnellement des supporters en zone. » Ils seront une cinquantaine. Pour éviter tout débordement, les autorités serbes ont mobilisé 1 500 policiers. Un dispositif impressionnant que le Stade Rennais a déjà expérimenté lors de sa venue l’été dernier, déjà face à l’Etoile Rouge en barrage de la Ligue Europa. 

Le Marakana à guichets fermés

« On a effectué tous nos déplacement sous escorte policière, raconte Karim Houari, le responsable de la sécurité du club breton. Le jour du match, ils avaient bloqué une route à quatre voies pour faciliter notre trajet entre l’hôtel et le stade. Il y avait même un hélicoptère qui survolait le convoi ! » Un voyage sous haute surveillance qui ne laisse aucune place au tourisme. « Les supporters ne pourront pas aller boire un verre en ville, assure Lafarge. Notre dernier arrêt se fera en Croatie. La police nous prendra en charge dès la frontière serbe. Il y aura un peu de frustration car on ne pourra pas visiter Belgrade. Mais on est presque sûr de ramener tout le monde en bonne forme. Enfin, j’espère. C’est très particulier là-bas. On sent cette ferveur et cette tension. On va faire ce qu’on peut… » 

Les joueurs de Francis Gillot tenteront également de faire du mieux possible sur la pelouse du Marakana. L’enceinte de 45 000 places affichera complet pour l’occasion. Dans une atmosphère qui s’annonce électrique, les Girondins, qui ont remporté leurs deux premiers matches de championnat, tenteront de confirmer leur bon début de saison. « J’ai déjà connu des ambiances un peu chaudes, tempère Cédric Carrasso, le portier bordelais. On sait à quoi ça ressemble. Il ne faut pas que ça nous mette une pression supplémentaire. Au contraire. Il faut que ça nous booste. » Après avoir arraché une qualification européenne la saison passée, Bordeaux ne veut pas rester à quai dès les barrages. Triaud a qualifié ce rendez-vous de « capital ». Son équipe va devoir être solide pour franchir le premier acte sans encombre. 

Alexandre Jaquin avec Olivier Schwarz, à Belgrade