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OL-Juventus : ce jeune Lyon qui tremble devant la Vieille Dame

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Lyon retrouve le parfum des grands matches européens ce jeudi (21h05) avec un quart de finale aller de Ligue Europa face à la Juventus Turin. Une double confrontation pour laquelle l’OL, privé de nombreux joueurs, sera tout sauf favori.

Les saisons passent, les statuts changent. Au printemps 2006, l’Olympique Lyonnais défiait le Milan AC en quarts de finale de la Ligue des champions. Une double confrontation dont Lyon sortira éliminé, mais qu’il avait abordé avec l’espoir réaliste d’une qualification. Huit ans plus tard, les Gones retrouvent un autre monstre sacré du foot italien, la Juventus Turin, au même stade d’une compétition européenne. Cette fois, c’est la Ligue Europa. Et les hommes du président Aulas abordent le rendez-vous – match aller ce jeudi à Gerland (21h05) – dans la peau d’un David rhodanien promis au statut de victime expiatoire du Goliath piémontais.

Entre-temps, l’OL a changé de monde. Plus les mêmes moyens, plus la même qualité d’effectif et, forcément, plus les mêmes ambitions. A l’heure d’humer de nouveau le parfum de ses grandes heures, le septuple champion de France des années 2000 balade une image moins conquérante. Imaginer Lyon incapable de bousculer l’obstacle Juve ne revient pas seulement à comparer le double champion d’Italie en titre et solide leader de Serie A (11 points devant la Roma) à l’actuel cinquième de L1. Pas seulement à mettre en parallèle les stars turinoises – Buffon, Tévez, Pirlo, Vidal, Pogba, etc – avec un casting lyonnais teinté de jeunesse. Il s’agit d’écouter les discours, aussi. Dans les mots, une résignation. « Il faut jouer à fond la petite chance qu’on a, lâche Steed Malbranque. On pourra voir où on se situe par rapport à une équipe qui jouera la Ligue des champions la saison prochaine. (…) Il faudra bien défendre et être discipliné pour essayer de faire un exploit. »

Garde : « Il y a parfois des miracles... »

La dialectique de Rémi Garde enfonce le clou. « On a une montagne devant nous », lance l’entraîneur lyonnais. Et d’enchaîner : « On n’a pas grand-chose à perdre. (…) On est dans une situation où le rapport de forces est déséquilibré. Mais dans le football, il y a parfois des miracles. (…) Si on doit sortir face à la Juve, comme la logique le voudrait, il ne faut pas avoir de regrets. » Garde évoque « une belle récompense » et parle déjà comme un futur éliminé : « On a pris beaucoup de plaisir dans cette Ligue Europa ». Etonnante reddition mentale avant le début des hostilités. L’OL sait qu’il est moins fort et le clame. Plus avec révérence qu’avec cette malice de l’équipe qui a l’idée de réaliser un gros coup. Il faut dire que les Rhodaniens ont de quoi mettre leur optimisme en berne.

Avec six éléments clés absents sur blessure, dont la paire Grenier-Gourcuff, la mission improbable mue en impossible. « On aurait préféré avoir moins de blessés, voire pas du tout, reconnaît Malbranque, mais les joueurs alignés donneront le maximum pour faire un résultat. » Au milieu de cette négativité ambiante, les Lyonnais retiennent tout de même l’opportunité offerte d’un tel match de gala. « C’est dans ce genre de match qu’on peut se sublimer et grandir, estime Garde. On est face à une équipe qui a le niveau pour jouer les quarts de la Ligue des champions. C’est l’occasion de s’étalonner. » Lâcher l’affaire pour mieux se concentrer sur la fin du championnat ? Idée balayée. « On ne calcule pas, confirme l’entraîneur de l’OL. Il est inimaginable de ne pas jouer le coup à fond. On est là pour jouer, pas pour se plaindre. » Il fut un temps où Lyon aurait aussi été là pour gagner.

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Alexandre Herbinet avec Edward Jay à Lyon