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OL: Puydebois et un supporter racontent la fouille des supporters lyonnais à Rome

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Si Lyon s’est offert une belle soirée européenne jeudi dernier en éliminant l’AS Rome en Ligue Europa, cela n’a pas été le cas de ses supporters, fouillés de façon très particulière par la police italienne, qui les a obligés à se dévêtir presque totalement. Une fouille traumatisante qu’ont raconté à RMC Sport l’ancien gardien de l’OL présent sur place Nicolas Puydebois et Romain, un supporter des Gones.

Romain Barrier, supporter de l’OL

« Nous sommes partis du Parc OL à 22h. Je faisais partie du groupe des Rouge et Bleu. On a voyagé de nuit. On est à Rome sur les coups de 11h. La police nous a bloqués. On est resté une heure et demie bloqués en plein soleil et au beau milieu du péage. La police italienne a fouillé tous les bus et nous a fouillés également. On a été escorté jusqu’au centre-ville de Rome, au point de rendez-vous, dans un parc. J’ai réussi à éviter le cortège et j’en ai profité pour visiter la ville. Au moment de rejoindre les navettes, ça a un petit peu chauffé. Il y avait des médias qui ont filmé et pris des photos. Il y avait un groupe de supporters qui n’était pas très content. La police nous a fouillés une deuxième fois. Une fois arrivé, troisième fouille. C’étaient les stadiers, c’était normal.

« On nous a fait baisser les survêtements et les caleçons »

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A la quatrième fouille une partie de la police nous a demandé de retirer nos chaussures. C’est la cinquième fouille, la dernière, qui m’a le plus choqué : on nous a emmené dans une cabine. Il y avait deux policiers en civil dedans. On nous a fait baisser les survêtements et les caleçons. Moi, j’étais étonné de voir ça. On a été fouillé cinq fois en tout en une journée. Au début j’ai refusé mais je n’ai pas voulu insister car on risquait gros. Il y a des supporters lyonnais qui ont évité ça. Ils n’ont pas pris que les hommes. Ils ont fouillé aussi des femmes. Il y avait même des mineurs qui ont subi ça. Je ne sais pas s’ils font ça à tous les supporters qui font des déplacements. Si on fait ça en France, les policiers se font bombardés. On était tous choqués. Il n’y a pas de souci. C’est digéré, c’est passé. Il faudra qu’ils préviennent les supporters la prochaine fois. »

Nicolas Puydebois, ancien gardien de l’OL (2002-2005)

« J’y suis allé par mes propres moyens. J’ai pris une navette au point de rassemblement pour aller jusqu’au stade. Un policier des services généraux français m’a reconnu. Il a parlementé avec les policiers italiens pour que je ne subisse pas le même traitement que les autres. Il a fait en sorte que je ne subisse pas cette humiliation. Il m’a dit clairement que là-bas ils allaient me mettre à poil. Ça m’a surpris parce que je ne pensais pas que l’on pouvait traiter des gens de cette façon-là surtout pour aller voir un match de foot. En plus il n’y avait pas eu de tension particulière. Tout l’après-midi, il n’y avait pas eu d’incidents ni avec la police ni avec d’autres supporters. Je n’ai pas compris pourquoi ils utilisent ces méthodes-là. Ce n’est pas forcément humain de traiter les gens comme ça, surtout pour aller voir un match de foot. On va voir un spectacle, on vient prendre du plaisir. On était tous choqués.

« Clairement un excès de zèle de la police italienne »

Mes amis qui étaient avec moi me l’ont dit, c’est la première fois qu’ils subissaient ça en 20 ans de stade. Quelle sanction peut-on demander à l’encontre d’une police qui est souveraine dans son pays ? Sauf peut-être l’UEFA qui peut demander des sanctions, parce que le match était sous leur organisation… Même les policiers français et l’organisation de l’OL n’avaient pas d’autre choix que de répondre favorablement à ce que la police italienne lui imposait. C’était clairement un excès de zèle et cela a gâché un peu la fête de la qualification à Rome. Il ne faut pas que cela devienne une mauvaise habitude. On va tuer le football de cette façon. On a besoin d’avoir des supporters des deux camps dans un match. Ce serait dommage de perdre cette ambiance-là. »