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Racisme à Prague: le match Sparta-Rangers vire à la crise diplomatique

Quelques jours après les incidents racistes à Prague lors du match Sparta-Rangers en Ligue Europa, le ministre tchèque des Affaires étrangères a demandé des excuses à la fédération écossaise pour le tweet d'un conseiller spécial.

Le match de Ligue Europa entre le Sparta Prague et les Glasgow Rangers (1-0) est terminé depuis quatre jours, mais le duel se poursuit en coulisses. Et désormais entre états.

Alors que la rencontre a été marquée par de nouveaux incidents racistes, avec plusieurs milliers d'enfants de 6 à 14 ans conspuant le milieu (noir) des Rangers Glen Kamara au stade Letna, c'est le ministre tchèque des Affaires étrangères qui s'est fâché tout rouge ce lundi. Pas pour dénoncer le comportement de ses jeunes (et moins jeunes) compatriotes, non. Mais pour exiger des excuses de l'Ecosse.

Le ministre condamne un tweet, mais ne s'exprime pas sur le fond du problème

Selon Associated Press, Jakub Kulhanek a dit à l'ambassadeur britannique à Prague de demander à la fédération écossaise de football de prendre ses distances avec son conseiller à l'égalité et à la diversité Marvin Bartley, ou de présenter des excuses pour les propos de celui-ci.

Réagissant vendredi aux scènes déplorables de Prague, Bartley n'avait pas mâché ses mots sur Twitter. "Le pire dans les incidents à Prague, c'est que je ne suis pas du tout choqué, avait écrit le joueur de Livingston. Ce n'est en aucun cas la faute des enfants car ils se comportent comme ils voient les adultes le faire ou l'encourager. Quelle chance ont-ils lorsqu'ils sont placés dans une corbeille avec des fruits pourris..."

Un coup de gueule compréhensible, mais une "comparaison scandaleuse" pour le ministre tchèque des Affaires étrangères, qui a déclaré que les émotions liées à un jeu ne doivent pas se transformer en "insultes xénophobes visant des enfants" - sans que le rapport entre fruits pourris et xénophobie soit franchement évident.

Pour rappel, le Sparta devait initialement jouer jeudi dernier dans un stade frappé d'un huis clos, après que ses supporters ont visé le milieu monégasque Aurélien Tchouaméni par des cris de singe lors d'un match précédent. Mais l'UEFA avait finalement autorisé l'ouverture du stade à 10.000 enfants, et quelques accompagnateurs.

C.C.