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Aurélie Kaci, la première Française du Real Madrid, raconte sa découverte

Elle est la première joueuse française à faire partie du projet galactique du Real Madrid féminin. Le 30 juillet, Aurélie Kaci s'est engagée pour deux ans avec le club de la capitale espagnole. Le Real lance son projet dans les grandes largeurs avec beaucoup d'ambition dès cette année et le rachat du CD Tacon. L'ancienne joueuse de l'Atlético de Madrid, du PSG et de l'OL a confié à RMC Sport ses premières impressions et ses ambitions avec les Madrilènes.

Aurélie Kaci, vous êtes la première joueuse française à intégrer le Real Madrid féminin, qui a racheté le CD Tacon et lui donnera son nom en 2020. Quel sentiment vous anime?

Le Real, c’est un club, voire le club le plus historique du football. Forcément, j’en suis fière et encore plus si on gagne le premier titre. J’ai des ambitions à la hauteur du club. On est là pour gagner, il y a ce plaisir à avoir aussi sur le terrain, mais l’un est difficilement dissociable de l’autre.

Vous étiez libre depuis la fin de votre contrat avec l’Atlético de Madrid le 30 juin dernier. Comment s’est présenté ce nouveau challenge galactique?

J’ai pris mon temps cet été, j’ai eu pas mal de propositions, mais je ne voulais pas me précipiter. Je voulais quelque chose qui m’intéresse et je ne vais avoir que 30 ans en décembre. J’aime beaucoup Madrid, la vie là-bas, l’Espagne, et le championnat.

Quand le Real vous contacte, c’est compliqué de refuser, le projet est très excitant. Cela pèse quand même beaucoup quand on a une proposition comme celle-là. Cela pèse plus que d’autres propositions. En une semaine, cela a été acté. Après, c‘est vrai que c’est tout nouveau pour tout le monde. Il faut mettre tout en place et vraiment s’ancrer dans le professionnalisme. L’absorption du Real fait que l'on a tout pour bien travailler dès cette année et être professionnelles.

Quels sont les objectifs du Real Madrid cette saison?

Jouer le titre en première division directement. Ce sont de grosses ambitions. Quand on arrive dans une équipe comme ça qui se développe, c’est une preuve de confiance déjà. C’est très bien. Si jamais on ne peut pas avoir le titre, ce sera la Ligue des champions. On est tout de même un peu dans une année où tout change. Ils ne veulent pas s’appeler Real Madrid pour terminer deuxième ou troisième.

Depuis votre arrivée, vous sentez que les féminines font partie intégrante du club?

Oui car on a le nom, c’est vrai, mais étant tous les jours dans les installations à Valdebebas, on fait vraiment partie du club. On profite de toutes les installations, les terrains, le gymnase. Le complexe du Real Madrid, c’est le meilleur complexe que je n’ai jamais vu de ma vie. C’est quelque chose qui frappe quand on arrive.

"Ce serait génial de voir Zidane"

Cela fait quoi de s’entraîner à Valdebebas, où les Zidane, Raul et Cristiano Ronaldo sont passés?

C’est autre chose d’être au sein du Real. C’est un monde à part, une culture, un état d’esprit. Je trouve cela impressionnant dans le bon sens du terme, cela nous donne envie de nous surpasser encore plus à l’entrainement et au quotidien.

Depuis votre arrivée, avez-vous pu croiser Zinedine Zidane?

Pas encore mais j’espère! Ce serait génial de pouvoir le voir. C’est drôle car quand on a fait nos tests médicaux au centre d’entrainement, beaucoup de personnes parlent français, on sent l’influence française au club.

"Il y a une vraie ferveur des gens"

La progression des clubs, le niveau de jeu, la ferveur, comment analysez-vous le développement du football féminin en Espagne?

Au sein du championnat espagnol, ce qui m’avait frappé à mon arrivée, c’est la différence de culture avec la France. Le football est ancré dans la culture. Pour ce qui est des affluences au stade, on a vécu des moments extraordinaires la saison dernière. Même en France, je n’ai jamais eu ça. Il y a une ferveur des gens, qui nous soutiennent vraiment, il y a moins ce clivage entre foot masculin et foot féminin. Et en termes de niveau, cela fait quelques années qu’il y a eu un vrai progrès.

En étant une "galactique", espérez-vous aussi un retour en équipe de France?

Ce n’est pas de mon fait, j’ai toujours fonctionné dans ma carrière de la même façon avec le travail, je n’ai pas grand-chose à me reprocher. Après, ce ne sont pas mes choix… Je suis toujours disponible pour l’équipe de France. J’espère que cela viendra, que cela reviendra.

Anthony Rech