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PSG: le périple américain d'Aminata Diallo, sauvée par un membre du Congrès

Aminata Diallo avec le PSG

Aminata Diallo avec le PSG - @IconSport

Prêtée jusqu’au 30 décembre 2020 aux Utah Royals FC, une franchise américaine située dans la ville de Salt Lake City, Aminata Diallo (PSG) a bien failli ne jamais partir aux Etats-Unis à cause de la crise sanitaire. La milieu de terrain est passée par toutes les émotions pour finalement s'envoler de l'autre côté de l'océan Atlantique. L’internationale française (7 sélections) raconte à RMC Sport ses premiers pas au pays de l'Oncle Sam.

Aminata Diallo, votre prêt par le PSG aux Utah Royals a été annoncé le 11 mars 2020, avant la crise sanitaire. Vous avez finalement pu rejoindre les Etats-Unis la semaine dernière. Cela a dû vous paraître une éternité, non?

Cela a vraiment été très, très long. Mentalement, ce n’était pas toujours facile, mais j’avais un préparateur physique avec qui je travaillais et je bossais non-stop. La date de mon départ changeait tout le temps: fin avril, début mai, puis courant mai. Ensuite, il a été question d’annuler le prêt. Ici aux Etats-Unis, on ne savait pas comment allait se passer la saison, si elle serait maintenue ou pas. Finalement, le championnat a été annulé, puis il y a eu l’organisation du tournoi (ndlr: la Challenge Cup regroupe huit équipes et se déroule jusqu'au 26 juillet dans l'Utah). Ensuite, j’ai eu des soucis pour mon visa… L’ambassade a fermé tous les rendez-vous de visa, il a fallu l’intervention d’un membre du Congrès des Etats-Unis. J’ai eu le visa le jeudi, et le vendredi matin j’ai pris l’avion.

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Vous avez eu recours à un membre du Congrès américain?

Jusqu’au dernier moment, je ne savais pas si j’allais partir. Fin mai, l’ambassade annule tous les rendez-vous jusqu’au 7 juillet compris (ndlr: Aminata Diallo avait un rendez-vous le 5 juin). La date tombait pendant le tournoi. Ma nouvelle demande de rendez-vous avait été refusée, celles du club et de la Ligue aussi. En dernier recours, la Ligue a demandé l’aide d’un membre du Congrès américain, ce qui nous a permis d’obtenir un rendez-vous avancé au 18 juin.

Avec le confinement, avez-vous eu peur de partir aux Etats-Unis?

A un moment, je me suis dit que ça n’allait pas le faire, parce que c’était trop compliqué avec l’ambassade. Le club a tout fait pour que je vienne, j’étais d’accord pour venir. Ces dernières semaines ont été un vrai ascenseur émotionnel.

Comment s’est passée votre arrivée aux Etats-Unis?

J’avais déjà une autorisation spéciale pour voyager. J’ai fait une escale à Atlanta, un voyage de 17 heures pour arriver à minuit, heure locale. Le club n’avait pas le droit de venir me chercher à l’aéroport, j’ai dû prendre un VTC toute seule. J’ai effectué un test COVID à mon arrivée, puis j’ai été mise en quarantaine pendant sept jours. Pendant la quarantaine, je devais aller à l’hôpital tous les jours pour effectuer des tests COVID, des tests sanguins, des prises de température etc...

Quand avez-vous pu rencontrer votre équipe et le staff?

Lors du premier match, j’étais en quarantaine. Mon premier jour avec le groupe, c’était à l’occasion du deuxième match. J’ai pu voir tout de suite comment cela fonctionne, et dès le lendemain j’ai pu m'entraîner avec le groupe normalement. L'entraînement collectif se déroule normalement ici (ndlr: l'entraînement collectif est autorisé depuis le 30 mai).

Comment se déroulent les matches de la Challenge Cup?

Ce n’est pas tout à fait à huis clos car il y a quelques personnes dans les tribunes. C’est un peu comme un match de D1 (sourire). Nous portons le masque sur le banc de touche, mais il n’y a pas de mesure de distanciation sociale entre nous lorsque l’on est assise.

Dans quel état d’esprit sont les Américains par rapport au COVID?

Ils font beaucoup plus attention qu’en France, nous avons des tests tous les trois jours. On ne rigole pas du tout avec le virus ici. Le club, la Ligue et l’organisation du tournoi sont très exigeants et pointilleux. Dans la ville, il n’y a pas eu de confinement mais tout le monde doit porter des masques.

L’avantage du confinement, c’est que vous avez pu travailler votre anglais, n’est-ce pas?

A l’écrit ça va, mais oralement ça parle vite. Et ça bloque un peu au niveau de ma gorge (sourire). J’ai la chance d’avoir Vero Boquete (joueuse passée par le Paris Saint-Germain entre 2016 et 2018). Les filles sont tops, elles essaient de m’aider, de m’apprendre des mots, et je leur apprends quelques expressions en français. Je regardais mes séries en anglais pendant le confinement. Et j’avais des échanges réguliers avec le staff local, et certaines joueuses. Cela m'a aidé.

Anthony Rech