RMC Sport

Schiappa veut que le sport féminin représente 50% des diffusions TV

Lors d'une prise de parole organisée pour la présentation de l'opération "Sport Féminin Toujours", la secrétaire d'État chargée de l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a plaidé pour que 50% des retransmissions sportives à la télévision soient dédiées au sport féminin. Elle a également déploré le "cyber-harcèlement" contre les journalistes et chroniqueuses sportives.

Marlène Schiappa plaide pour la parité pour les retransmissions d'événements sportifs à la télévision. Lors d'une prise de parole effectuée au cours d'une conférence de presse de présentation de la troisième édition de "Sport Féminin Toujours", une opération de médiatisation organisée les 1er et 2 février, la secrétaire d'État chargée de l'égalité femmes-hommes s'est prononcée en faveur d'un rééquilibrage entre les diffusions de compétitions masculines et féminines.

"En 2012, le sport féminin, c'était 7% des retransmissions. En 2016, c'était 20%. On peut donc noter une trajectoire de progression qui est très encourageante. On peut dire aussi que les femmes constituent 52% de l'humanité et que donc demander 50% des retransmissions c'est déjà un compromis. Finalement, on pourrait se mettre d'accord sur ce chiffre de 50-50", a déclaré la membre du gouvernement, en présence de Roxana Maracineanu, ministre des Sports, et de Roch-Olivier Maistre, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

"Promouvoir les sportives dans les médias, c'est changer le retard de la société sur le sport féminin en donnant aux jeunes filles des rôles modèles inspirants", a-t-elle également complété, dans un message publié sur son compte Twitter.

Une "présomption d'incompétence" contre les femmes

Marlène Schiappa a aussi exhorté les médias à "continuer à soutenir, valoriser et augmenter la part de femmes journalistes" pour traiter l'actualité sportive: "Les valoriser et les soutenir va permettre aussi à des jeunes filles de se projeter, de casser des barrières mentales mais aussi de lutter contre le dérochage sportif des filles à l'adolescence".

Elle a par ailleurs déploré le "cyber-harcèlement" contre les chroniqueuses et journalistes sportives: "Les femmes font face, encore, à une présomption d'incompétence, alors que les hommes ont une présomption de compétence. Je vous invite à regarder les réseaux sociaux ou les émissions sportives. Si un homme s'exprime sur un match de foot ou donne son avis sur un transfert de joueur, on va hocher la tête et débattre sur ce qu'il vient de dire. Si une femme s'exprime (...), la majorité des commentaires vont consister à remettre en question la compétence de cette femme. Parce qu'elle est une femme, on part du principe qu'elle ne s'intéresse pas sincèrement au sport, qu'elle a trouvé l'information ailleurs, mais que ça ne peut être en aucun cas son avis personnel".

Julien Absalon