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Fifa: Blatter, le one man show continue

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- - AFP

Sanctionné à huit ans de toute activité liée au football, Sepp Blatter n’a pas tardé à tenir une conférence de presse pour faire part de son incompréhension. Une demi-heure de show durant laquelle le Suisse n’a pas hésité à parler d’humanité, citer Mandela, affirmer son intégrité, se poser en victime et a annoncé sa décision de faire appel.

Comme prévu, Sepp Blatter n’a pas perdu de temps pour réagir à sa suspension de huit ans prononcée ce lundi matin par la commission d’éthique de la Fifa. En conférence de presse, une heure après le verdict, le Suisse a de nouveau livré sa version quant au versement controversé de 1,8 million d’euros à Michel Platini qu’il a qualifié d’ « honnête homme ». Mais il s’est surtout posé en victime et n’a pas hésité à citer Nelson Mandela pour regretter le manque d’humanité de la commission.

« Je ne peux pas affirmer que ce soit une bonne journée pour moi ou pour la Fifa, a ainsi débuté Blatter. La dernière fois que nous avons eu une telle assistance, c’était en 2010. A l’époque, Nelson Mandela avait parlé d’humanité. L’humanité a une signification et une seule. L’humanité, c’est respecter l’autre, c’est respecter l’être humain. La célébration de l’humanité par le football a été l’un des slogans de la Coupe du monde en 2010. Je suis absolument désolé d’être encore un punching-ball. Je suis désolé pour la Fifa. J’ai été au service de la Fifa pendant plus de 40 ans. Je suis désolé à cause du traitement qui m’a été réservé. »

« Je lutterai »

Blatter, qui dirigeait la Fifa depuis 1998, a ajouté avoir vécu plusieurs semaines particulièrement délicates. Relevant des dysfonctionnements, il a par ailleurs promis de continuer à se battre : « c’est une décision qui m’affecte. La première décision qui avait été prise de me suspendre avait été prise alors que nous avions seulement été entendus par la commission d’éthique. Mais partout dans le monde lorsque l’on se retrouve devant un tribunal, avant d’être sanctionné, on a le droit d’être entendu. Cette première décision a représenté un tsunami au sein de la Fifa, les gens ne comprenaient pas. Et il y a eu des dommages collatéraux.

Ma famille, mes proches ont été absolument atterrés. Nous avons traversé une véritable crise. Nous avons été condamnés, avant-même que justice ne soit faite, à une radiation à vie. Cela a finalement été moins lourd mais cela montre que quelque chose ne fonctionne pas. C’est pourquoi je lutterai pour défendre nos droits. Nous allons faire appel devant la commission de recours, puis devant le Tribunal arbitral du sport puis devant la justice suisse. »

« Je n’ai pas honte »

« Je suis encore le président », « Je n’ai jamais triché avec l’argent », « Je me sens trahi », « Je n’ai pas honte », ont encore émaillé la fin du numéro de Sepp Blatter, « punching-ball » pas avare en punchlines.

la rédaction