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FIFA : Valcke n’aime pas les démocraties !

Jérôme Valcke

Jérôme Valcke - -

Jérôme Valcke a créé la polémique ce mercredi au cours d’une conférence de la FIFA. Le secrétaire général de la Fédération internationale estime qu’il est plus facile d’organiser une Coupe du monde dans un pays moins démocratique.

Jérôme Valcke était déjà détesté au Brésil. Il risque de l’être plus profondément encore dans les prochaines heures… A Zürich, ce mercredi, le secrétaire général de la FIFA a participé à une conférence sur l’impact de l’organisation de la Coupe du monde pour un pays. Et les propos du Français ne vont plaire ni aux Brésiliens, ni aux partisans d’un football apolitique. D’après le bras droit de Sepp Blatter, qui devrait chercher à lui succéder en 2015, la démocratie est plus gênante qu’un pouvoir fort et centralisé, comme la Russie de Vladimir Poutine (2018) ou le Qatar (2022), pour l’organisation d’une Coupe du monde. De quoi créer la polémique à Rio et Sao Paulo, en retard en vue de 2014, et entâcher encore la réputation de la FIFA, déjà régulièrement accusée de corruption.

« Je vais dire quelque chose de fou, prévient Jérôme Valcke d’après des propos relayés par l’agence Reuters. Mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde. Quand on a un homme fort à la tête d'un Etat qui peut décider, comme pourra peut-être le faire Poutine en 2018, c'est plus facile pour nous les organisateurs qu'avec un pays comme l'Allemagne où il faut négocier à plusieurs niveaux. » Et le secrétaire général de la FIFA enchaîne en expliquant qu’au Brésil, « le système politique est divisé en trois niveaux : fédéral, régional et municipal », qu’il y a « différentes personnes, différents mouvements et différents intérêts qui font qu’il est compliqué d’organiser une Coupe du monde dans ces conditions ».

Valcke, ce « vaurien »

Ces déclarations de Jérôme Valcke, qui cherchera très vraisemblablement à succéder à Sepp Blatter en 2015, viennent s’ajouter à ses précédentes critiques sur l’avancement des travaux au Brésil. Il y a un an, l’ancien journaliste de Canal + devenu spécialiste des droits commerciaux du sport, entré à la FIFA en 2003 après un conflit avec… Sepp Blatter, avait conseillé un « coup de pied aux fesses » aux Brésiliens. Désormais opposant de Michel Platini après avoir été l’un de ses proches, il avait été déclaré persona non grata par le gouvernement, qualifié de « vaurien » et de « grande gueule » par un conseiller de la présidente Dilma Rousseff et avait dû s’excuser quelques jours plus tard. Sepp Blatter a été plus rassurant il y a un mois, en assurant que le Brésil sera « prêt pour la Coupe du monde 2014 ».

Au siège de la FIFA, ce mercredi, le président de la Fédération internationale semblait pourtant presque partager l’avis de son numéro 2. En se souvenant de la réussite selon lui de la Coupe du monde 1978 dans une Argentine dirigée par la junte militaire. « C'était une forme de réconciliation du public, du peuple argentin, avec le système, le système politique, qui était à l'époque un système militaire, soutient Sepp Blatter. Le football et le monde ont changé, c'était mon sentiment à l'époque. » Il a aussi résumé la doctrine politique de son organisation : conservatrice (« règles du jeu et arbitres »), libérale (« sur les marchés ») et socialiste (« comme Marx et Engels », pour la redistribution des revenus). Opportuniste, en somme.

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LP