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L. Fernandez : « Je n’ai rien à me reprocher »

Luis Fernandez

Luis Fernandez - -

Suspendu par la Fifa de toute activité liée au football ce mercredi, le sélectionneur d’Israël clame son innocence. Il affirme être parfaitement serein concernant l’issue de cette affaire qui porte sur un litige financier remontant à l’époque de son transfert d’Al-Rayyan (Qatar) au Beitar Jérusalem (Israël).

Luis Fernandez, de quoi êtes vous accusé par la Fifa ?

Ça remonte à cinq ans. Une instruction a été ouverte au moment où j’ai quitté le Qatar (et le club d’Al-Rayyan) pour aller au Beitar Jérusalem. Il y a certainement eu une transaction, un échange, une discussion entre les deux clubs pour que je puisse travailler en Israël. Depuis cette période, le Qatar réclame 400 000 euros. Ils ont peut-être demandé à ce que la Fifa se saisisse du dossier. Et la Fifa a peut-être pensé que c’était moi qui avais encaissé ces 400 000 euros. Il s’avère que non. Depuis cinq ans, je ne cesse, avec mes avocats et mes conseillers, d’essayer de me défendre sur ce dossier. Je suis conscient de la situation. Je dirai simplement que la Fifa a le droit de suspendre quelqu’un par rapport à son jugement. Mais il faut aussi tenir compte du fait que j’ai déposé une plainte pénale pour savoir qui a encaissé ces 400 000 euros. Il y a une enquête ouverte à Genève (Suisse). On en saura plus d’ici une quinzaine de jours. Je suis serein, calme, tranquille. J’ai toujours fait preuve de transparence, d’honnêteté. J’ai vraiment ma conscience pour moi. Je ne me suis jamais mal comporté. Les choses sont dans les règles.

Selon vous, la Fifa a-t-elle été trop vite en besogne ?

Oui, elle a été très rapide sur ce coup-là. Elle n’a peut-être pas ressenti le besoin d’aller plus loin, de creuser cette affaire. Ce que je ne comprends pas c’est qu’on m’ait laissé travailler un certain temps en Israël sans que le Qatar demande à me suspendre. C’est quand même assez étrange d’attendre aussi longtemps. La Fifa a jugé en son âme et conscience. Maintenant, j’essaie de montrer que je suis innocent. Je suis plus une victime qu’autre chose. Je n’ai rien à voir avec ça. Je ne vois pas comment aujourd’hui on peut me réclamer une somme que je n’ai pas encaissé. A Genève, on m’a même dit que je n’y étais pour rien. La Fifa a peut-être voulu anticiper. Si je suis suspendu sportivement, j’accepte la décision. En attendant de voir comment je peux me retourner. Je n’accepterai pas qu’il y est un doute sur ma personne. Si je dois engager une procédure pour me défendre, je vais le faire. Je ne vais pas rester les bras croisés. Ça n’a jamais été dans ma nature.

« Vous verrez qu’ils se sont trompés »

Pensez-vous que quelqu’un vous en veuille personnellement ?

Non. C’est une affaire qui date de cinq ans. Il y a une instruction qui a été faite. On s’est présenté devant la Fifa. On a un dossier très épais. Ce n’est pas une cabale contre moi. Chacun défend ses droits. C’est tout à fait logique

Vous n’avez rien à vous reprochez dans cette affaire ?

Je n’ai rien à me reprocher. Je suis tranquille de ce côté-là. Parce que j’en ai eu la preuve. Lorsqu’on se défend, on se doit d’être clair. Lorsque je suis allé aux convocations, les inspecteurs en charge de cette affaire m’ont rassuré. Ils m’ont dit que j’étais une victime. Ils m’ont montré clairement que je n’avais rien fait de mal. Lorsque c’est le cas, je le reconnais et je paie. Je n’ai de dettes envers personne. Je ne laisse des ardoises nulle part. Je vais laisser faire la justice. Quand le rapport sortira d’ici un mois, vous verrez qu’ils se sont trompés et qu’ils ont été un peu trop vite.

Propos recueillis par Christophe Couvrat