RMC Sport

Larqué : « Escalettes voulait me censurer »

-

- - -

Jean-Michel Larqué sort ce mercredi sa biographie intitulée « Vert de rage ». Le consultant de RMC Sport et TF1 revient sur son parcours. Et en profite pour régler quelques comptes.

Jean-Michel, qu’est ce qui vous a donné envie d’écrire ce livre ?
L’idée m’est venue à la suite d’un courrier que m’a adressé Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française de football. Ulcéré par certaines de mes remarques, qu’il jugeait désobligeantes à son égard, il m’a demandé de changer ma façon de m’exprimer. Il voulait me censurer. Pour un journaliste, c’est inacceptable. D’autant que cette Fédération nuit depuis plusieurs années au football amateur à travers le comportement de M. Escalettes et de M. Domenech. Les dégâts collatéraux sont terribles. Le nombre de licenciés ne cesse de baisser en France depuis 2007. Cette année, nous en avons encore perdu 160 000. Excusez du peu.

Selon vous, seul un changement de gouvernance peut remédier à cette situation ?
La pire des choses dans la vie, c’est d’être pris pour des idiots. Après l’Euro 2008, on nous a dit : « Vous allez voir, la communication des Bleus va changer. » Et qu’est ce qu’on a vu ? Rien du tout. Rien n’a changé. Leurs bonnes intentions ont duré le temps d’un propos. Ça veut bien dire qu’avec les mêmes hommes on fait les mêmes erreurs. Et on se retrouve avec les mêmes problèmes.

Vous déclarez ne pas vous sentir proche des nouvelles générations de footballeurs…
Oui, c’est la vie. J’ai eu plus de contacts avec les générations précédentes. Maintenant, je n’en ai plus aucun. Aujourd’hui pour obtenir une interview c’est la croix et la bannière. Les gars traversent les zones mixtes sans lever la tête. Mais de toute façon, je ne suis pas là pour entretenir ce genre de relations. Mon rôle est de regarder et d’analyser. Il y a pleins de joueurs avec qui je ne suis pas forcément ami qui passent dans mon émission sur RMC. On va se focaliser sur les deux ou trois, style Ben Arfa ou Lebœuf, que je houspille dans mon livre, mais la très grande majorité sont des gens avec qui j’entretiens des relations professionnelles. Ni plus ni moins.

Ce qui vous irrite le plus c’est l’attitude arrogante de certains jeunes joueurs…
Oui, mais il faut qu’on fasse nous aussi notre mea-culpa en tant que journalistes. Comment des joueurs ont pu devenir des stars sans avoir rien prouvé ? Il y aujourd’hui une surmédiatisation qui amplifie les phénomènes. Ben Arfa en est le parfait exemple. On me dit : « C’est un super joueur ». Ok, mais il ne fait jamais de bons matches. A Marseille, il n’était pas titulaire avec Gerets. Et il ne l’est toujours pas avec Deschamps. A un moment donné, on peut quand même se poser des questions.

Vous consacrez un passage de votre livre à l’ancien entraîneur de Saint-Etienne Laurent Roussey. Vous lui en voulez ?
Oui. Parce qu’il a tout fait à l’envers. On a le droit de dire les choses. Mais on n’a pas le droit de mentir. Lorsqu’il dit qu’il m’a appelé pour régler ses comptes, je veux bien, mais il n’a jamais eu le courage de m’appeler. En plus, il l’aurait soi-disant fait pour me recadrer. Comme si j’avais besoin de Laurent Roussey pour me recadrer. Il a quand même une très haute estime de sa personne. En sachant qu’au départ, il ne s’est pas gêné pour savonner la planche d’Ivan Hasek (dont il était l’adjoint ndlr) pour lui prendre sa place. Ensuite, il a mis des gens à sa botte pour être sûr qu’ils ne lui feraient pas d’ombre. Et tout ça au détriment du club, alors que celui-ci était au bord du gouffre.

Vous évoquez également un passage de votre carrière à TF1 au moment où Charles Villeneuve était votre chef de service…
C’est une période que je n’ai pas bien vécu. Charles Villeneuve faisait preuve de beaucoup d’indifférence vis-à-vis de moi. Sans doute parce que j’avais pris l’habitude de régler mes affaires directement avec Etienne Mougeotte (alors directeur d’antenne de TF1). Ça le chiffonnait un peu. Et puis à son arrivée, j’étais catalogué comme un ami de Thierry Roland. Et entre Charles Villeneuve et Thierry Rolland, c’est plus de la haine qu’autre chose. Il aurait souhaité me virer mais comme il n’avait pas de pouvoir de décision, il n’a pas pu le faire. C’est un monsieur qui s’est inventé pas mal de fantasmes. Il nous racontait ses exploits dans la légion étrangère alors qu’il n’y a jamais été. Il disait avoir été demi de mêlée au RC Toulon alors qu’il a joué à l’université de Toulon. Mais je crois que c’est quelqu’un qui a besoin de ses illusions.

« Vert de rage » par Jean-Michel Larqué. Aux éditions Calmann-Lévy, 20 euros.

La rédaction - Alexandre Jaquin