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Le candidat d'extrême-droite, Jair Bolsonaro, favori des footballeurs à la présidentielle brésilienne

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Jair Bolsonaro, candidat d’extrême-droite à l’élection présidentielle brésilienne, est arrivé en tête du premier tour dimanche 7 octobre. L’ancien militaire a récolté plus de 46% des votes. Parmi ses soutiens, plusieurs footballeurs de renom.

Cent-quarante-sept millions de Brésiliens étaient appelés aux urnes dimanche 7 octobre pour élire leur futur président. Parmi les candidats, celui de l’extrême-droite, Jair Bolsonaro. A 63 ans, l’ancien officier militaire (PSL) partait favori des sondages. Il récolte finalement plus de 46% des suffrages et affrontera le 28 octobre prochain au second tour le candidat du Parti des Travailleurs (PT), Fernando Haddad.

Au sein de ses électeurs, Ronaldinho, Lucas Moura, Rivaldo, Cafu, Felipe Melo. Nombreux ont été les footballeurs à afficher leur soutien au candidat d’extrême-droite durant la campagne présidentielle. Via les réseaux sociaux et leurs millions d’abonnés, les stars brésiliennes du ballon rond ont pris position.

La veille du scrutin, Ronaldinho a partagé une photo de lui sur Twitter, réseau social sur lequel 18 millions de personnes le suivent. Au dos de son maillot, le chiffre "17", autrement dit le code de Jair Bolsonaro pour voter en sa faveur via les urnes électroniques. Un message accompagnait le post: "Pour un Brésil meilleur, je désire la paix, la sécurité et quelqu'un qui nous redonne de la joie. J'ai choisi de vivre au Brésil et je veux un Brésil meilleur pour tous". Ronaldinho reprend les mots-clés du discours de Bolsonaro.

Autre soutien de taille pour le candidat sympathisant de Donald Trump: Lucas Moura. Dans une série de tweets postés en septembre, le joueur de Tottenham, 26 ans, a lui aussi fait part de sa volonté de voter pour Bolsonaro. Moura a été critiqué par certains pour cette prise de position en faveur d’un candidat aux propos jugés sexistes, xénophobes et homophobes. "S’il était raciste, il serait en prison", a répondu Moura sur Twitter.

D’autres voix se font aussi entendre. Rivaldo, Ballon d’Or 1999, a lui aussi partagé, sur Instagram cette fois, son avis politique et son soutien à Jair Bolsonaro. Un message: "Quelle joie de savoir que le Brésil se réveille et de constater que Jair Bolsonaro est le candidat idéal pour notre pays", accompagnait une vidéo d’un rassemblement en faveur de l’ancien militaire. Le champion du monde 1994 et 2002, Cafu, a également posté une vidéo dans laquelle il annonce son soutien à Bolsonaro.

De la politique jusqu’aux pelouses

La campagne en faveur du candidat pro-armes ne s’arrête pas aux réseaux sociaux. Certains footballeurs l'emmènent même sur les terrains. Le 16 septembre dernier, lors du match entre Bahia et Palmeiras (1-1), Felipe Melo marque et surprend: il dédie son but au candidat d’extrême-droite. "Ce but est pour notre futur président Bolsonaro", déclare-t-il à la télévision. Dans un communiqué, son club de Palmeiras a rappelé que la position de Felipe Melo était strictement personnelle et que le club maintenait sa neutralité en matière politique. Plus tôt, Melo avait soutenu Moura face aux critiques sur Twitter.

En tribunes aussi, Bolsonaro a ses adeptes. Des supporters de l’Atletico Mineiro ont été filmés en train d’entonner des chants homophobes très violents contre les fans de l’équipe rivale, Cruzeiro, à Belo Horizonte, en nommant le candidat. "Cruzeiro, attention, Bolsonaro va tuer les homos", scandaient les tribunes.

Des voix opposées

A l’inverse, des groupes de supporters prennent position contre le candidat arrivé en tête au premier tour. Les Gavioes da Fiel, supporters des Corinthians, ont annoncé dans un communiqué s’opposer aux idées du candidat Bolsonaro. Ils expliquent ne pas soutenir un candidat anti-démocratique, défenseur de la dictature militaire (1964-1985).

Paulo André, défenseur de Cruzeiro, est un des rares footballeurs à se dire ouvertement contre le candidat du PSL (Parti social-libéral). Avec 400 personnalités brésiliennes, il a signé un manifeste, "Democracia Sim", en faveur des valeurs démocratiques du Brésil et s'oppose aux idées de Bolsonaro. "Nous sommes différents. Nous votons pour des candidats et des partis divers. Mais nous partageons notre engagement en faveur de la démocratie (...). La candidature de Jair Bolsonaro représente une menace claire pour notre patrimoine, notre civilisation. Il faut rassembler les forces pour défendre la liberté, la tolérance et notre destin collectif". Le monde du football est divisé par cette course à la présidence du Brésil.

JM