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Le football français en plein chaos

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Après le témoignage de Mohamed Belkacemi, l’homme qui a enregistré la réunion du 8 novembre et qui est à l’origine de l’affaire des quotas, la confusion la plus totale règne au sommet du football français. Un big bang n’est pas à exclure.

Le séisme, en fin de semaine dernière. Et une réplique extrêmement forte ce mercredi. Les fondations de la Fédération Française de Football ont été touchées et l’édifice tremble dangereusement. Mohamed Belkacemi, l’homme qui a enregistré la réunion du 8 novembre 2010 pendant laquelle des propos discriminatoires ont été tenus, avait mis au courant l’état-major de la FFF dès le lendemain. Il avait transmis l’enregistrement de cette discussion à André Prévosto, directeur général de la Ligue du Football Amateur (LFA) et donc, statutairement, directeur général adjoint de la FFF. Proche de Fernand Duchaussoy, ce dernier n’a semble-t-il pas donné un écho particulier à ces mots.

« Je n’ai commis aucune faute, a expliqué Mohamed Belkacemi sur Infosport. J’ai fait ça pour témoigner des propos inqualifiables que j’avais déjà entendus auparavant. Je ne suis pas une taupe et je n’ai jamais remis aucun enregistrement à un journaliste. » Mediapart, qui a révélé l’affaire jeudi dernier, a donc été contacté par une autre personne. Qui pourrait y avoir intérêt ? Le 18 juin, la Fédération procèdera à sa première élection présidentielle par scrutin de liste. Nuire à Fernand Duchaussoy pourrait être l’une des motivations de la fuite. Et le président de la FFF aura du mal à s’en remettre.

Duchaussoy déstabilisé

Plus les jours passent et plus le successeur de Jean-Pierre Escalettes se retrouve esseulé. Chantal Jouanno, la ministre des Sports, a demandé la séparation de la double enquête actuellement en cours. Ses inspecteurs évolueront désormais indépendamment de Patrick Braouezec et Laurent Davenas, nommés par la FFF. Elle assure qu’il n’y a « aucune raison de douter de la sincérité de Fernand Duchaussoy », mais sa décision interpelle. De son côté, l’actuel président se défend d’avoir été mis au courant il y a plusieurs mois. « Monsieur Prévosto a porté ces éléments pour la première fois à ma connaissance jeudi dernier » a-t-il assuré mercredi soir dans un communiqué.

Outre le DTN François Blaquart, déjà suspendu, les autres personnes présentes ce fameux 8 novembre 2010 pourraient être sanctionnées. Et notamment Laurent Blanc, qui ne fait plus l’unanimité, même dans son cercle. Car avec ce scandale des quotas, la belle unité des champions du monde 1998 a volé en éclats. Lilian Thuram a ainsi mis fermement en cause le sélectionneur actuel, qui a été défendu par Christophe Dugarry. « Ce qui me gêne chez Lilian Thuram, c'est sa volonté de passer pour le juge de la cour suprême », a lâché l’ancien Bordelais sur Infosport. A tous les étages, le foot français vacille...

Laurent Picat (avec la rédaction)