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Le football français uni dans la tempête

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L’ensemble du football français a rejeté en bloc, ce vendredi, les accusations du site Mediapart à l’égard de la DTN visant à réduire le nombre de joueurs noirs et arabes dans les centres de formation et les écoles de football. Néanmoins, une enquête interne a été diligentée…

Les révélations de Mediapart, accusant la DTN de discriminations à l’encontre des joueurs noirs et arabes, a provoqué une levée de bouclier de la part de toutes les familles du football français. Vendredi, à l’issue d’un Conseil fédéral prévu de longue date, François Blaquart, Directeur technique national (DTN), est monté au créneau : « Bien sûr que je démens ces informations, affirme le dirigeant français. C'est une évidence. Vous pouvez demander aux centres de formations, aux pôles Espoirs, aux écoles de foot… »
Tout aussi indigné, Fernand Duchaussoy, le président de la FFF, a annoncé l’ouverture d’une enquête interne avec l’appui du ministère de la Jeunesse et des Sports. « En apprenant la nouvelle, j'ai été complètement indigné, souffle-t-il. Nous sommes un sport populaire et tenons à le rester. Toute la lumière sera faite sur cette affaire. »
Quelques minutes plus tard, à Bordeaux, Laurent Blanc a tenu à rétablir sa vérité. Le regard grave, le sélectionneur a réfuté les accusations de Mediapart, lesquelles le présentent comme solidaire d’une sélection ethnique des joueurs des équipes de France. « Je n'ai jamais entendu parler de projet de quotas. C'est un mensonge de dire que le sélectionneur y a participé. C'est contraire à mes valeurs. Si des gens, au sein de la Fédération on préconisé des quotas, il faut les punir. » Sa ministre de tutelle, Chantal Jouanno, est sur la même longueur d’onde. « Si ce que Mediapart dit est vrai, on demandera à toutes les personnes incriminées de partir », a menacé la ministre des Sports.

Duchaussoy : « Toute la lumière sera faite sur cette affaire. »

En tout cas, les clubs de L1 se sont montrés solidaires à l’égard des instances nationales. A travers la voix de leurs entraîneurs, des formations comme le PSG, l’OM ou l’OL ont signifié leur stupéfaction : « Cela ne peut pas être vrai, assure Antoine Kombouaré, le coach parisien. Je ne veux pas répondre à des choses qui n'existent pas à mes yeux. » A Marseille, Didier Deschamps est perplexe. « Ça me paraît tellement déplacé, soupire-t-il. Je connais bien Laurent Blanc et je ne le vois pas tenir de tels propos. C’est impossible. Cela crée du buzz, mais c’est très grave de tenir de pareilles accusations. Laurent ne peut pas être associé à de telles décisions. »
Une chose est sûre, la plupart des entraîneurs nationaux que nous avons essayé de contacter étaient injoignables ce vendredi. Alors que Mediapart assure détenir les « preuves irréfutables » de ses accusations, Manuel Pirès, directeur du centre de formation de l'OGC Nice, reconnaît que le débat a « peut-être dérivé sur le projet de jeu que la FFF veut mettre en place : un jeu plus technique basé sur l’expérience espagnol qui tend à écarter les robustes africains au détriment des joueurs plus techniques comme les sud-américains ou les latins ». Affaire à suivre…