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Le Plessis-Trévise encore sous le choc

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Au lendemain de la violente agression d’un arbitre lors d’un match de jeunes, les sentiments étaient mêlés au petit club du Plessis-Trévise, dans le Val-de-Marne. Entre colère et incompréhension, tous les bénévoles attendent que de tels incidents cessent.

Un grand soleil, des buts et des sourires. Ce dimanche, le football a repris ses droits au Plessis-Trévise, dans le Val-de-Marne. Un grand soulagement, au lendemain d’une journée ternie par l’agression de Nicolas Sihl, arbitre amateur du match entre les moins de 17 ans de Villejuif et de Champigny-sur-Marne. Attaqué par une cinquantaine de spectateurs, le jeune homme de 29 ans avait reçu des coups au visage, à la nuque et dans la clavicule droite. « Le football est malade », lâchait-il alors. Si le ballon rond a repris ses droits, l’ambiance est encore pesante au sein de cette commune de 20 000 habitants. Présents autour de la main courante du stade, quelques policiers veillent à ce qu’il n’y ait aucun autre débordement.

Rien à signaler pour les forces de l’ordre, mais dans toutes les bouches, la même revendication : que tous ces incidents cessent. « Il serait temps que les pouvoirs publics prennent conscience qu’il faut passer à l’acte, faire de la répression. Il faut donner des amendes, exclure des clubs, lance Richard Lévy, arbitre assistant lors du match qui a dégénéré samedi. Il faut prendre conscience qu’un jour, un arbitre va prendre un coup de pied dans la tête et se retrouver dans un cercueil. » Trois jeunes hommes ont déjà été placés en garde à vue, dont deux ont été prolongées, suite aux incident de samedi.

Leonardo, le mauvais exemple

Selon de récentes études, les actes de violence se multiplient lors des matches de championnats amateurs. Une recrudescence dont les arbitres, garants des lois du jeu mais souvent isolés lors de ces rencontres, sont les premières victimes. « Ce n’est pas de la démagogie, mais je trouve que les arbitres amateurs ont vraiment beaucoup de courage, souligne d’ailleurs l’ancien défenseur international Jean-Alain Boumsong. Il faudrait vraiment qu’on les aide car, malheureusement, il y a beaucoup trop d’incidents qui arrivent et on n’en parle pas suffisamment. »

En plus d’un climat à assainir au bas de l’échelle, tous les bénévoles du Plessis-Trévise estiment que l’exemple doit aussi être donné par le football professionnel. « Je ne vais pas revenir sur l’affaire Leonardo (le directeur sportif parisien avait bousculé Alexandre Castro, l’arbitre de PSG-Valenciennes, dans les couloirs du Parc des Princes, le 5 mai dernier, ndlr). Mais quand on prend un haut dirigeant d’un grand club qui se permet de bousculer un arbitre devant tous les médias et que c’est repris en boucle par toutes les télés, il ne faut pas s’étonner qu’à l’étage inférieur quelqu’un franchisse la main courante pour aller bousculer un arbitre. Ce qui s’est passé est la conséquence directe de ces actes là-haut », lance Renaud Hocq, président de l’Union nationale des arbitres de football du Val-de-Marne (UNAF 94). En croisant sans doute les doigts pour que l’atmosphère redevienne plus paisible lors des prochaines semaines.

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Alexandre Alain avec Vincent Delzescaux, au Plessis-Trévise