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Le PSG a-t-il progressé cette saison ?

Javier Pastore et Marco Verratti

Javier Pastore et Marco Verratti - AFP

Alors que le PSG devrait confirmer ce samedi (21h) à Montpellier son troisième titre consécutif en Ligue 1, sur la route d’un possible quadruplé national historique, la fin de saison pose forcément la question du bilan. A-t-il progressé lors de l’exercice 2014-2015 ? Eléments de réponse.

On les avait laissés sur un titre de champion, une Coupe de la Ligue et une élimination en quarts de finale de la Ligue des champions. On les retrouve avec un palmarès pour l’instant similaire, et la Coupe de France sans doute en bonus, à confirmer le 30 mai contre Auxerre pour un triplé national inédit (ou quadruplé si on inclut le Trophée des champions). Cette fois, ils ont sorti un « gros » (Chelsea, qui les avait sortis l’an dernier) en C1. Mais ils ont encore buté sur le grand Barça, comme il y a deux ans. Alors, le PSG a-t-il progressé cette saison ? Sur le plan des trophées dans l’armoire, la balance pointe vers le positif.

« Si on arrive à avoir ces quatre titres, on pourra dire qu’on est en progrès, estime le milieu de terrain parisien Blaise Matuidi. Bien évidemment, on n’a pas encore passé le cap en Ligue des champions mais on a quand même joué l’une, si ce n’est la meilleure équipe en Europe en ce moment. On a quand même éliminé le champion d’Angleterre en huitièmes donc on pourrait dire qu’on est en progrès. Cette saison n’a pas été parfaite, c’est sûr, mais j’espère que les titres seront bien là et je pense que ça fera une saison historique. » Le froid constat des chiffres raconte une histoire plus nuancée.

En championnat, valeur étalon de la qualité d’une équipe de l’été dernier à l’été prochain, les statistiques parisiennes sont toutes à la baisse. En fin de saison dernière, le bilan transpirait l’éclat : 89 points avec 27 victoires (71,1% de succès), 8 nuls et 3 défaites, 84 buts marqués (2,21 par match) et 23 encaissés (0,61 par match) pour une différence de +61. Après 36 journées de l’exercice 2014-2015 et à deux matches de la fin des hostilités, on sait déjà que le lustre ne sera pas le même : 77 points avec 22 victoires (61,1%), 11 nuls et 3 défaites, 78 buts marqués (2,17 par match) et 33 encaissés (0,92 par match) pour une différence de +45. Pas mal du tout. Mais moins bon. La faute, en partie au moins, à un début de saison à la mise en route compliquée alors que les troupes parisiennes déroulent et régalent ces dernières semaines.

Di Meco : « Au niveau du jeu, le PSG n’a pas progressé »

« On retrouve notre jeu dans les dernières journées de championnat, confirme Laurent Blanc, l’entraîneur du PSG. La première partie de saison a été trop compliquée pour nous individuellement et collectivement pour pouvoir être à la hauteur de ce qu’on avait fait l’année dernière. N’ayons pas peur des mots : on avait réalisé une saison exceptionnelle en championnat. On avait battu le record de points de Lyon, par exemple. » Sur le plan individuel, certains ont confirmé tout leur talent (Verratti, Pastore, Marquinhos). D’autres ont encore montré des insuffisances (Lavezzi, Lucas, Cavani voire Zlatan Ibrahimovic, surtout dans les grands matches européens). Pour le reste, il y a les impressions. Et le concret. Ce jeu moins délié, moins fluide que l’an dernier malgré une saison supplémentaire ensemble. Cette expression collective moins efficace. La tendance à savoir se sublimer trop rarement, dans les grandes occasions, et encore pas toutes.

Ces derniers temps en L1, depuis l’élimination en C1 pour être exact, Paris met quelques raclées. Mais cela n’a longtemps pas été le cas. « Certaines choses faussent le jugement, explique Eric Di Meco, membre de la Dream Team RMC Sport. On se souvient plus des dernières semaines, des derniers résultats qui ont marqué les esprits, et on a l’impression que le PSG a progressé. Si tu pars du principe que tu as progressé car tu gagnes une Coupe de plus, d’accord, c’est sans contestation. Mais il y a aussi la qualité de jeu. Est-ce qu’on se souvient des six premiers mois, voire un peu plus ? Au niveau du jeu, je ne suis vraiment pas sûr qu’ils aient progressé. Et c’est un peu ce que Laurent Blanc dit. Il est conscient que son équipe a eu du mal à rentrer dans sa saison. Il y a des explications, la Coupe du monde, les joueurs arrivés en retard, les blessés, tout ce qu’on veut. Mais il n’empêche… L’an dernier, ils avaient survolé le championnat. Il avait fallu un super Monaco, avec un rythme de champion de France, pour donner l’illusion qu’il y avait un rival. Pour moi, il n’y a donc pas de progrès cette saison. Et dans ce sport, quand tu n’avances pas, tu recules. »

Alexandre Herbinet avec L.B. et le Super Moscato Show