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Les présidents et le football, un combiné entre passion et politique

En rendant visite aux Bleus à Clairefontaine ce mardi, Emmanuel Macron a marché sur les pas de ses prédécesseurs. Comme lui, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou encore François Hollande ont affiché au grand jour leur passion pour le football, à l'aube des grandes compétitions.

Le ton est donné. En visite à Clairefontaine ce mardi, à neuf jours du début de la Coupe du monde en Russie, Emmanuel Macron a fixé un objectif élevé aux Bleus: remporter la compétition. "Une compétition, elle est réussie quand elle est gagnée", a-t-il martelé devant les joueurs de l'équipe de France. Tout comme lui, ses prédécesseurs ont profité des grandes compétitions pour mettre en lumière leur passion pour le football, sans oublier d'y ajouter un petit grain de sel politique.

VGE enfile la tenue

Le premier à avoir relié le football à la politique était Valéry Giscard d'Estaing. Alors ministre de l'économie en campagne, celui qui sera élu chef de l'Etat un an plus tard n'hésite pas à enfiler le maillot le 3 juin 1973 dans son fief de Chamalières (Puy-de-Dôme), quelques mois avant la Coupe du monde.

"D'un côté il y avait les conseillers municipaux qui voulaient jouer derrière, et d'autre part nous avons mis la partie la plus dynamique à l'avant. Donc par élimination j'étais au centre", s'amusait-il à la fin du match devant les caméras.

Chirac et le regain de popularité

L'histoire entre la politique et le football prend une autre ampleur en 1998, l'année du sacre de la France à domicile. Jacques Chirac, alors président de la République depuis trois ans, lance la tradition de la visite du chef de l'Etat à Clairefontaine juste avant le début de la compétition. 

Alors qu’il n’est pas connu pour être un amateur de football, Jacques Chirac pose aux côtés des tout récents champions du monde le 12 juillet 1998, grand sourire aux lèvres, le soir du sacre. Plusieurs images du chef de l'Etat lors de cette soirée resteront gravées dans la mémoire des Français: sa difficulté à se remémorer les noms de joueurs, lorsqu'il tente de les scander en même temps que le public, ou encore sa bise sur le crâne de Fabien Barthez lors de la remise des médailles. 

Jacques Chirac bénéficiera par ailleurs d'un regain de popularité grâce à la victoire française.

Sarkozy et l'affaire Knysna

La Coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud, ternie par le scandale Knysna, avec l'épisode des joueurs français qui ne veulent pas descendre de leur bus, devient une affaire d'Etat, reprise par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Le président de la République, qui est, contrairement à son prédécesseur, un féru de football, parle alors d'événement "inacceptable".

Il dépêche Roselyse Bachelot, ministre des sports, en Afrique du Sud. C'est là qu'elle parle de "caïds immatures", et d'"image de la France ternie" par les joueurs tricolores. Au-delà de cet épisode regrettable de l'équipe de France, Nicolas Sarkozy a à de nombreuses reprises affiché son goût pour le football, en organisant notamment des entretiens avec le sélectionneur Raymond Domenech ou encore avec Thierry Henry au cours de son mandat.

Hollande dans la continuité

Comme Nicolas Sarkozy, François Hollande affiche une réelle passion pour le ballon rond. Il suit ses prédécesseurs en allant à la rencontre des Bleus avant les grandes échéances, notamment juste avant leur départ au Brésil en 2014. Son mandat sera toutefois aussi touché par une affaire: la mise en examen de Karim Benzema dans l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, à peine cinq ans après "l'affaire Zahia", dont il avait été relaxé.

Le gouvernement de François Hollande, le Premier ministre Manuel Valls en tête, prend alors position: "S'il n'est pas exemplaire, il n'a pas sa place en équipe de France", lance alors Manuel Valls en 2015. Quelle que soit l'issue des compétitions, les différents chefs de l'Etat n'ont jamais pris le risque de bouder l'équipe de France, en gardant l'espoir, caché, de marquer des points auprès de la population.

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C. P.