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Abidal : « Envie de prendre une revanche sur la vie »

Eric Abidal

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EXCLU RMC SPORT. En revenant à Monaco, le club de ses débuts, Eric Abidal retrouve une ambition forte, mais surtout la joie de poursuivre le football près d’un an et demi après sa greffe du foie. Invité de Coach Courbis sur RMC, l’international français ne cache pas son plaisir.

Eric Abidal, comment s’est passée la préparation de l’ASM ?

Bien. Le groupe était divisé en deux. Les arrivants ont commencé une semaine après les anciens. Ça s’est très bien passé. C’est différent d’une préparation espagnole. Comme je connaissais la préparation en France, je me suis adapté. L’entraîneur est italien mais s’adapte aussi aux joueurs. Tous ne sont pas capables de faire beaucoup de foncier. En recrutant pas mal de Sud-Américains, il a fait la différence entre le physique et le jeu. Le groupe vit bien, a bien travaillé pendant un mois et espère être opérationnel pour le premier match du championnat (samedi 21h à Bordeaux, ndlr).

A quel poste allez-vous jouer ? Plutôt dans l’axe ?

L’entraîneur (Claudio Ranieri) me l’a dit et il m’a placé là sur le terrain. J’ai été clair avec lui en lui disant que j’allais me préparer pour jouer sur le côté, parce que ça demande plus d’efforts et de préparation. Si tu es prêt pour jouer à gauche, physiquement, tu seras opérationnel pour jouer dans l’axe.

Vous avez fixé comme objectif de vous qualifier pour la Ligue des champions. Cela détone avec les habituelles ambitions mesurées des joueurs à chaque avant-saison…

Ce n’est pas dans l’habitude des joueurs d’annoncer la couleur mais quand on voit l’investissement du club et du président, tu ne peux pas te cacher et dire que tu joues le maintien. L’objectif, c’est le haut de tableau et pouvoir se qualifier en Ligue des champions la saison prochaine. Il ne faut pas avoir peur de le dire. C’est compliqué mais pas impossible à atteindre. Tu ne peux pas faire un recrutement comme ça et ne pas pouvoir espérer la Ligue des champions.

Avez-vous noté de nombreux changements au sein du club depuis votre départ, en 2002 ?

Depuis mon départ, beaucoup de choses ont évolué, notamment le centre d’entraînement. Les installations sont beaucoup mieux qu’à l’époque. Le club a grandi même s’il était en L2 l’année dernière. Il y a eu beaucoup de changements avec beaucoup de personnes que je ne connais pas. Le président en place (Dmitry Rybolovlev) a fait de bonnes choses, ainsi que ceux qui sont passés avant. Ça permet au club de grandir de jour en jour.

Avec ce que vous avez subi, des choses ont-elles changé dans votre façon de jouer ?

Non, je ne triche pas. Un médecin m’a donné le feu vert, donc je rentre avec la même envie qu’avant. Je donne tout sur le terrain. J’encourage mes compagnons. Le plus important, c’est l’envie. Je suis un gagneur. Même si j’ai vécu des moments difficiles ces deux dernières saisons, j’ai envie de prendre une revanche sur la vie et pouvoir bien terminer. Ça passe par des matches. Je vais jouer libéré et ne pas me prendre la tête. J’ai vécu des moments difficiles et grâce à Dieu, j’ai réussi à m’en sortir. C’est pour cette raison que je dois continuer à m’éclater avec un métier qui me fait énormément plaisir.

Que symbolise le fait d’être capitaine de l’AS Monaco ?

C’est un rôle important et j’ai dit à l’entraîneur que j’étais prêt à l’assumer. Il m’a dit que c’était normal compte tenu de mon âge et de mon expérience. Ça sert de transition. Des nouveaux sont arrivés et ne parlent pas français. J’ai la chance de parler espagnol. Je pense avoir assez de bagages pour endosser ce rôle que j’apprécie.

Selon vous, Falcao peut-il être meilleur buteur de Ligue 1 dès la première saison ?

J’espère. Il fait partie des cinq meilleurs attaquants européens. Il a démontré en préparation qu’il pouvait mettre des buts. J’espère qu’il s’adaptera très vite, il faudra le servir dans de bonnes conditions. C’est un joueur complet, capable de décrocher, de se retourner et de faire des passes décisives. Son rôle va être de marquer des buts et je ne suis pas inquiet pour lui parce qu’il a réussi à s’adapter.

Didier Deschamps va publier jeudi la liste de l’équipe de France pour le match amical contre la Belgique le 14 août. Quel est votre objectif en ce qui concerne la sélection ?

Il faut déjà être opérationnel. A l’époque, je ne pouvais pas trop parler de l’équipe de France parce que j’étais dans une situation différente. Aujourd’hui, j’ai la chance de jouer dans un grand club. Je ne sais pas si j’ai des choses à prouver, mais le but est d’être à 100% pour espérer retourner en Bleus. Je n’ai jamais fait de conférence de presse pour dire que j’arrêtais l’équipe de France, parce que ça reste très important. C’est un maillot que j’avais envie de porter étant jeune. Même à 33 ans, j’ai toujours envie de le porter. Le sélectionneur est là pour faire un groupe compétitif pour se qualifier pour le Mondial. Si j’en fais partie, je serai très heureux. J’ai vu Didier Deschamps lors du match contre Tottenham (victoire 5-2). On n’a pas parlé de l’équipe de France, mais de mon état de santé. Et il était très content pour moi de me revoir sur un terrain de foot. Je le remercie de ses bons mots.

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