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Amiens: Ghoddos suspendu quatre mois par la FIFA

Saman Ghoddos

Saman Ghoddos - @AFP

Le milieu offensif iranien Saman Ghoddos a été rattrapé par la FIFA dans l’affaire de son vrai-faux transfert à Huesca en 2018. Il a été reconnu coupable au même titre que son ancien club suédois d’Östersunds.

Titulaire contre Lille (1-0) puis absent contre Nantes (1-2), Saman Ghoddos ne rejouera pas au football en Ligue 1 avant l’année prochaine. Le joueur iranien n’est pas blessé, il a été suspendu par la FIFA dans le cadre d’un litige entre trois clubs européens. Huesca (Liga) avait déposé plainte après la signature du joueur à Amiens il y a un an. Le club espagnol avait un accord avec Östersunds, l’ancien club de l’international iranien, le joueur aurait même apposé sa signature au bas d'un contrat, avant qu’il ne s’engage à évoluer en Ligue 1. Rennes avait pris part aux discussions et proposait davantage mais le deal n'était pas allé au bout du processus.

Ghoddos s'est toujours dit innocent

Casser un contrat sans raison valable est passible d’une sanction exemplaire, les textes sont très clairs. Saman Ghoddos avait visité les installations du club espagnol de Huesca et avait donc signé des papiers, ce dont témoignait une photo de son agent, sans que l’on sache à l’époque s’il s’agissait d’un contrat en bonne et due forme. D'après la FIFA, c'était le cas. Le joueur s’en défendait pourtant auprès du site suédois Fotbollskanalen: "Je me suis rendu dans ce club parce que les dirigeants étaient intéressés par mon profil. Il a été question ensuite d’un accord avec Östersunds, c’est ce que je n’ai pas vraiment compris, s’ils étaient d’accord ou non. Je pense que c’est là que réside le plus gros problème. Cela n’a rien à voir avec moi."

Amende et sanction sportive

La chambre de résolution des litiges de la FIFA n’a visiblement pas été convaincue par la qualité de l’argumentaire, un an après les faits. "Le joueur a été condamné à verser une indemnité à Huesca et des sanctions sportives ont été infligées au joueur ainsi qu’à Östersunds, conformément à l’article 17 sections 3 et 4", a écrit la FIFA à l’adresse des parties prenantes dans ce dossier. Dans les faits, Ghoddos a donc été suspendu quatre mois par la FIFA et contraint à verser une compensation financière de quatre millions d’euros pour le préjudice établi à Huesca.

Östersund va faire appel auprès du TAS

De son côté, Östersunds est privé de recrutement pour les deux prochaines fenêtres du mercato. Les parties ont maintenant 21 jours pour faire appel, mais elles risquent une sanction plus sévère si le vent ne tourne pas en leur faveur. Interrogé par Fotbollskanalen, Östersund s'est dit prêt à prendre le risque. "Nous avons pris note du verdict qui nous est parvenu et nous sommes très surpris de la décision. Nous entamerons un processus par lequel nous interjetterons appel de la décision de la FIFA auprès du TAS", a d’ores et déjà prévenu le club suédois. Le club de Huesca maintient qu'il est "serein" quant à la conclusion de cette histoire. Saman Ghoddos a marqué quatre buts en vingt-sept matches la saison dernière. 

Amiens a en revanche été blanchi dans cette affaire. "La Chambre de Résolution des Litiges a rejeté l'intégralité des demandes formulées par Huesca à son encontre, constatant qu'Amiens avait agi de façon parfaitement licite dans le cadre des négociations et du transfert du joueur, n'avait pas eu le moindre comportement répréhensible, et ne pouvait donc pas endosser une quelconque part de responsabilité dans ce dossier", se réjouit l'ASC dans un communiqué publié vendredi. "Le club déplore en revanche les lourdes sanctions infligées à Saman et entend le soutenir moralement dans cette période délicate compte tenu des faits pour le moins particuliers à l'origine du dossier, ainsi que de la transparence et de l'honnêteté dont le joueur a fait preuve tout au long de la procédure", poursuit le club amiénois.

QM