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Ancelotti, l’éloge de la patience

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En un an et demi, Carlo Ancelotti est parvenu à offrir le titre de champion de France à Paris. Après avoir frôlé la mise à la porte en novembre dernier, l’Italien a finalement fait honneur, malgré quelques accrocs, à la confiance de ses dirigeants.

Lorsque Carlo Ancelotti débarque à Paris le 30 décembre 2011, avec Alex, Maxwell et Thiago Motta dans ses bagages, la révolution qatarie semble enfin lancée. Un coach de renom, des joueurs d’envergure… Le PSG nouveau est arrivé. Promis à un règne despotique dans l’Hexagone. Ancelotti amène son élégance, son calme et son expérience du très haut niveau. Installe son 4-3-2-1 en sapin de Noël, rabâchant le mot « maîtrise », dans un Français certes balbutiant mais appris à une vitesse impressionnante.

Le jeu a beau tarder à se mettre en place, les résultats ont beau être mitigés, dans l’inconscient collectif, le temps fera forcément son œuvre. L’ultra-professionnalisme de Carlo ainsi que sa science tactique sont voués au succès. Seulement le temps file, et le PSG court… derrière Montpellier. Les Héraultais, sur un nuage, naviguent sur un train d’enfer et le Paris d’Ancelotti ne peut que constater les dégâts. Avec 11 victoires, 6 nuls et 2 défaites (1 point de moins que Kombouaré dans la première moitié du championnat), c’est d’une deuxième place aux allures de camouflet dont il doit se contenter. Flegmatique, l’Italien préfère voir sur le long terme. Et demande du temps au temps pour trouver la formule gagnante.

L’ultimatum Porto

QSI met alors la main au portefeuille. Ibrahimovic et Thiago Silva arrivent, faisant basculer définitivement Paris dans un autre monde. Le nouveau riche n’a aucun équivalent en France. Paris veut donc tout gagner. Se doit de tout gagner, et de briller sur la scène européenne. Mais l’entraîneur transalpin, qui a cette fois effectué lui-même la préparation d’avant-saison, tâtonne encore. Chaque fois qu’il semble avoir trouvé la clé, un accroc vient noircir le tableau. En novembre, après l’élimination en Coupe de la Ligue contre les Verts (0-0, 5 tab 3) enchaînée avec une défaite à Nice (1-2), le mot est lâché : c’est la crise, et Ancelotti lui-même ne s’en cache plus. Ses dirigeants lui lancent alors un ultimatum : contre Porto à domicile, en Ligue des champions, c’est la victoire ou la porte…

Ce sera la victoire. 2-1, avec la manière. Le 4-4-2 convainc. Et devient la marque de fabrique de l’Italien. Sur les 16 rencontres qui suivent, Paris en gagne 14. Dont un probant succès à Valence (2-1), en 8e de finale de Ligue des champions. Le PSG survole. Tout le temps. Donnant l’impression de ne pas forcer son talent. Inexorablement, le titre se rapproche. Les quarts de finale européens sont atteints. Une fin de saison triomphale s’annonce, et Ancelotti ronronne, enfin à l’aise dans son costume d’architecte

Et maintenant ?

Même si les joueurs donnent l’impression de ne pas s’impliquer dans tous les matches, les résultats probants et le mirage d’une fin de saison triomphale protègent le coach. On croit même le sommet atteint lors de la double-confrontation contre Barcelone, qui échappe aux Franciliens d’un rien (1-1, 2-2). Le PSG quitte la Ligue des champions la tête haute et peut se concentrer sur sa razzia hexagonale. Plus dure sera la chute. L’élimination en Coupe de France contre Evian, piteuse sur le fond et la forme, donne finalement des allures de « minimum syndical » au bilan d’Ancelotti.

Malgré un exercice bouclé avec la meilleure attaque et la meilleure défense du championnat, demeure donc un arrière-goût d’inachevé. Mais depuis que les rumeurs de son départ ont commencé à affluer, ses joueurs multiplient les témoignages en sa faveur, laissant ouvertement entendre, pour la plupart, qu’ils souhaitent poursuivre l’aventure à ses côtés. De quoi renforcer l’idée que l’Italien est bien en train de bâtir quelque chose à Paris, même si le doublé n’est pas pour cette année. Moralité ? Patience, patience. Pour mémoire, c’est à l’issue de sa deuxième saison complète à Milan qu’il avait remporté la Ligue des champions (2003)…

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