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Anigo : « A Marseille, ça devient n’importe quoi »

José Anigo

José Anigo - -

Le directeur sportif de l'OM est revenu pour RMC Sport sur le triste épisode de l’agression de Vitorino Hilton, mardi soir à son domicile. Et redoute que ces braquages à répétition nuisent au pouvoir d’attractivité du club marseillais.

José Anigo, qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez appris que Vitorino Hilton s’était fait agresser chez lui ?

J’ai ressenti beaucoup de tristesse. Quand on connait la gentillesse du personnage... Se faire agresser n’est déjà pas évident à subir mais quand c’est fait par des gens qui viennent vous prendre 350 euros, un ordinateur et des conneries (sic) avec autant de violence, ça n’a pas de sens. Il y a beaucoup de tristesse aujourd’hui dans le club. En termes d’image, on a perdu beaucoup de choses. Il vaut mieux aller bosser. Je ne vois pas quel est le but à part un besoin immédiat d’argent. Je préférerais que Vitorino reste. C’est quelqu’un de gentil et qui apporte au groupe.

Que faut-il faire pour rassurer les joueurs de l’OM ?

On ne va pas rester immobiles. On va mettre des agents de sécurité devant les maisons et un système de gardiennage avec des rondes aux endroits où les joueurs habitent. Mais c’est aux pouvoirs publics de prendre le relais car nous n’avons pas vocation à faire cela. Marseille n’est pas une ville de non-droit.

La sécurité est-elle un point qui est abordé lorsque vous recrutez un joueur ?

Oui, tout le temps. Quand nous avons fait signer Morel ou Amalfitano, cela a été abordé. Et je comprends les joueurs. Un jour, il faudra se demander pourquoi les grands joueurs ne viennent plus à Marseille. J’aime ma ville mais je suis déçu parce que cela devient n’importe quoi.

« Lucho veut aller à Malaga »

Y-a-t-il du racket à Marseille ?

Il faut arrêter ce genre de fantasmes, il n’y a pas de racket. Là, c’est du vol où les gens ont besoin d’argent tout de suite mais aucun joueur chez nous n’est racketté. Marseille est un club beaucoup plus regardé qu’ailleurs. S’il se passait quelque chose, cela se saurait très vite.

Lucho Gonzalez sera-t-il marseillais la saison prochaine ?

Je ne sais pas. Il a envie d’aller à Malaga, nous l’avons bien compris mais il a un prix. Peut-être que Malaga essaye de gagner un peu de temps mais ce que l’on espère c’est que, si Lucho doit partir, cela se fasse rapidement. On a mis une date limite au 15 juillet mais si une proposition arrive le 17 ou le 18 nous l’écouterons quand même en fonction de la somme. Mais, à un moment, Didier (Deschamps) a besoin de construire son équipe rapidement et d’avoir des confirmations sur certains postes. Et si au bout il n’y a rien pour Lucho, il faudra qu’il se remette à jouer avec nous. Nous n’avons reçu qu’une offre de 6 millions de Malaga il y a quelques semaines, mais rien depuis.