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Anigo : « Deux années de matraquage »

José Anigo

José Anigo - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Après le succès de ses joueurs face à Ajaccio (3-1), José Anigo a estimé que les appels à sa démission dans les tribunes du Vélodrome étaient le fruit d’un acharnement contre sa personne depuis deux ans. Mais que cela ne le déstabilise pas.

José, êtes-vous sonné par l'ambiance qui régnait dans les tribunes ce vendredi ?

Dans la vie, il y a des choses bien plus dures que celles que j’ai vues ce soir. Ces choses-là sont préparées avant et le score reste presque anecdotique. Je suis venu en conférence de presse pour saluer le boulot de mes joueurs, leur professionnalisme et vous faire comprendre que, quoi qu’il en soit, on se battra jusqu’au bout, seuls ou avec les supporters. Le reste, ce n’est pas très grave.

Trouvez-vous injuste que certains réclament votre démission ?

Je vous laisse le soin de commenter. Ça fait plus de deux ans qu’on est en train d’expliquer qui je suis, sans réelle connaissance de ma personne. Ce que je subis aujourd’hui, ce n’est que l’œuvre de deux années de matraquage. Je ne peux pas le vivre bien ou mal. Je le subis mais ça ne change rien à ma vie, ni à ma personne. On peut tout expliquer des gens si on ne les connaît pas. Aujourd’hui, les joueurs n’avaient pas commencé l’échauffement et c’était déjà une ambiance délétère. Nous, on a fait notre travail, dans un contexte compliqué. Je veux juste savourer la victoire parce que ça faisait un moment qu’on n’avait pas gagné (depuis le 22 février, ndlr). On peut montrer les joueurs du doigt tant qu’on veut mais, ce soir, je trouve qu’ils ont le boulot honnêtement et professionnellement.

« Bielsa ? Je n'en ai rien à faire »

Vous n'êtes pas le seul mis en cause. Il y a aussi le président, Vincent Labrune...

Je ne veux pas donner plus d’importance que ça aux choses. L’important pour moi, c’est le résultat et il suffit à mon bonheur. Pour le reste, chacun a le droit de dire ce qu’il veut. Quand je rentre sur un terrain, j’essaie de faire abstraction de tout ce qui se dit autour, dans les tribunes. Ce qui est gênant, c’est qu’on sent que tout avait été organisé avant pour que ça se passe comme ça, quelle que soit notre prestation. Je me tape complètement de qui peut l’organiser. J’en prends acte mais je sais que le foot, ce n’est pas ça. On peut ne pas aimer les gens mais ce n’est pas toute cette haine. Mais je peux être très costaud et ce n’est pas ce que j’entends qui peut me faire vaciller d’un centimètre.

On parle de contacts avancés avec Marcelo Bielsa...

(Il coupe) Je n’en ai rien à faire. Moi je vous parle de mon match, de mes joueurs et de leur prestation. Si vous voulez parler de Bielsa, voyez ça le président, ça ne me regarde pas. Moi, j’ai un challenge sur les six matches encore à faire : emmener l’équipe le plus loin possible. On peut raconter ce qu’on veut mais on est à 48 points et on n’est pas largué. On est là, on est vivant, on bouge encore, envers et contre tous. Parler des entraîneurs et de tout ce qui va avec, voyez avec le président. Moi, ça ne m’intéresse pas.

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Propos recueillis par Florent Germain