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ASSE-OM: les supporters marseillais visés par la Préfecture de la Loire

Contactée par RMC Sport, la Préfecture de la Loire a dénoncé le non-respect des conditions d’encadrement du déplacement des supporters marseillais, mercredi à Saint-Etienne (0-2). Après des heurts avec les fans stéphanois et les forces de l'ordre, ils ont finalement été interdits d'entrer dans le stade.

Le match Saint-Etienne-Marseille était classé à risques par les pouvoirs publics. Mais cela n’a pas empêché les heurts entre supporters des deux camps qui a abouti sur le décalage du coup d’envoi de 15 minutes et la reconduite des supporters de l’OM vers la Canebière sans pouvoir entrer dans le stade. Plusieurs réunions de sécurité avaient été organisées en amont pour notamment anticiper au mieux l'arrivée des bus marseillais. Selon une source au ministère de l'intérieur, le dispositif mis en place qui comptait 250 membres des forces de l'ordre (policiers et gendarmes) est tout à fait normal pour ce type de contexte. 

"Une volonté d’en découdre"

"Le dispositif a été calé avec les différents services concernés, assure Céline Platel, directrice de cabinet du préfet de la Loire. On avait fixé un point de rendez-vous. Mais le fait est que, à un moment donné, il y a une volonté d’en découdre. Il y une posture, un état psychologique de certains supporters qui viennent nuire au bon déroulement du dispositif. Il y a certaines personnes (des deux côtés) qui viennent pour se battre et non pour le match."

Les supporters stéphanois ont tendu un guet-apens à 500 mètres du stade. Les bus marseillais ont été attaqués par quelques dizaines d'individus stéphanois. De source policière, les fans de l'OM ont exigé aux chauffeurs de s'arrêter. Ils ont forcé les portes des bus verrouillées à ce moment-là pour aller en découdre. Certains supporters de l'OM étaient "équipés" de mortiers et de battes de base-ball. "Les deux camps avaient visiblement prévu un fight", précise une autre source policière. Au total, 11 policiers ont été blessés mais ont évité l’affrontement direct entre les deux camps.

"La situation aurait pu être pire, confie Céline Platel. Tout s’est passé en dehors du stade, même si les derniers évènements se sont passés sur le parking visiteurs. Au final, nous avons eu peu de dégradations à déplorer. En revanche, on est préoccupés par les onze policiers qui ont été blessés. Mais à l’intérieur du stade, il n’y a pas eu de dégradations, de prise à partie ou de fumigènes."

Vers un retour des interdictions de déplacement?

La préfecture de la Loire déplore que les conditions de déplacement élaborées en amont de la rencontre n’aient pas été respectées. "L’arrêté préfectoral n’a pas été respecté, regrette Céline Platel. Plus d’une heure de retard pour les bus marseillais. Il y avait 50 personnes de plus que le nombre prévu (450 contre 400, ndlr). Une main est tendue par le préfet pour accueillir des supporters extérieurs. Des conclusions seront tirées de ces évènements."

Malgré l'assouplissement général récent des conditions de déplacement des supporters voulu par le Ministère de l'Intérieur, une réflexion est en cours au sein du ministère pour limiter à nouveau ces déplacements sur les gros matchs au vue de la multiplication des incidents. Ce nouvel incident pourrait pousser le préfet à prononcer de nouvelles interdictions de déplacement de supporters adversaires à Geoffroy-Guichard.

RMC Sport avec Loïc Briley