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Aulas : « Beaucoup d’affection entre Gomis et moi »

Jean-Michael Aulas

Jean-Michael Aulas - -

EXCLU RMC SPORT. Invité de Luis Attaque, Jean-Michel Aulas, président de l’OL, est revenu sur l’actualité de son club, en particulier le mercato, les cas Gomis, Gourcuff et Briand, et ses ambitions pour la saison en cours.

Pas de crise à l'OL

« Si on ne se rend pas compte que je suis motivé, c’est que je fais mal mon travail. La motivation est très grande. Il y a eu des matches difficiles, un mercato compliqué à gérer, mais on est convaincus d’être dans le vrai. En ayant l’expérience de la Ligue 1 et du football européen, je peux vous dire qu’il y a de très bonnes sensations et possibilités pour rebondir rapidement. Il y a des difficultés, mais dans le foot, s’il n’y en a pas, c’est soit qu’on est mort, soit qu’on n’est pas réaliste. Il y en a et on est en train de les contourner et de les gérer, sans que cela n’entame le moral des troupes. Il n’est pas question de crise. »

Cap sur le fair-play financier

« On doit s’adapter à de nouvelles donnes, définies par Michel Platini à l’UEFA. Soit on pense que l’UEFA n’appliquera pas les règles en se cachant les yeux, au risque de se retrouver en grandes difficultés, soit on fait en gestionnaire pour anticiper les nouvelles règles. C’est ce que nous avons fait en prenant des dispositions pour construire un stade. La règle de l’UEFA c’est : on ne dépense pas plus que ce que l’on gagne. Donc il faut trouver des recettes et les construire par nous-mêmes. Le cas de Paris et Monaco est particulier. Il s’agit d’un investissement financé directement par les actionnaires. Il faudra analyser au travers des comptes 2014 et 2015 ce que l’UEFA dit de ces formes de financement qui a priori sont exclues pour le fair-play financier. »

Fin de la cure d'austérité à Lyon ?

« Ca dépend des résultats que nous aurons. Une partie des recettes est liée à la participation à la Coupe d’Europe et également à la place que vous occupez au classement à la fin de la saison. Mais la cure d’austérité va être permanente, et pour tous les clubs. Lyon n’est pas en dehors du circuit. Lyon fait en sorte d’investir à côté. Le mercato a été monstrueux en Europe, avec 2,1 milliards d’euros investis, et largement animé par certains clubs français. Mais en comparaison, Lyon vient d’investir 400M€ pour son stade, dont il sera à 100% propriétaire, soit plus que la totalité des recrutements de Paris, Monaco et Marseille. »

Les objectifs

« Il faut faire attention dans les jugements que l’on porte. Je regarde l’équipe qui est la nôtre et aujourd’hui, avec les retours de Gomis et Briand, sur l’ensemble de l’équipe, nous avons à chaque poste un international A ou un international jeune. Trois équipes nous sont supérieures sur le papier, je le reconnais volontiers. Bravo à eux d’avoir recruté dans ce mercato de manière importante. Mais Lyon a le premier centre de formation en France et le deuxième en Europe derrière Barcelone. La logique serait d’être juste derrière les trois gros, mais dans le football, la logique peut tourner. On est plus en risque que les autres années, parce qu’on est moins costauds, mais il y a un talent fou. Je vous aurais dit après deux journées qu’on pouvait ambitionner le podium, maintenant je suis plus prudent en disant qu’on est les meilleurs, après les trois premiers. »

Le cas Gomis

« Je ne pense pas avoir fait d’erreur. J’ai géré le club avec des périodes et des chronologies que seuls ceux qui sont à l’intérieur du dossier peuvent connaître. On saura s’il y a erreur à la fin du championnat, si nous ne sommes pas au niveau auquel nous espérons être, c’est tout. On ne peut pas dire qu’on aurait pu, avec Gomis à la place de Lisandro, ne pas passer le tour préliminaire de Ligue des champions contre les Grashoppers, ou dire qu’avec lui on se serait qualifiés contre la Sociedad. Cette équipe était plus forte que nous, c’est en la prenant au tirage qu’on s’est tiré une balle dans le pied, pas en se passant de Gomis. Il n’y a pas de rancœur ou quoi que ce soit. Ce n’est pas possible que je puisse lui en vouloir ou l’inverse, parce qu’il y a beaucoup d’affection entre nous. On ne voulait pas qu’il parte libre puisqu’on l’a acheté 15M€, c’est logique. On a tout fait pour qu’il resigne et on avait pris position en se disant : ou on resigne, ou il y a transfert. Il était d’accord, mais on n’a pas trouvé le club correspondant pour le transfert. Il y a cinq clubs qui ont fait des propositions, ça ne correspondait pas à ce qu’il voulait, dont acte. Il avait la légitimité de refuser, comme j’ai la légitimité pour le faire revenir. Maintenant, je fais en sorte de le réintégrer dans les meilleures conditions possibles. »

Le cas Gourcuff

« Objectivement, je ne pense pas qu’on se soit trompés sur Gourcuff. Il fait beaucoup d’efforts pour revenir. Il était, comme l’année dernière, à un bon niveau en ce début de saison. Il a retrouvé l’équipe de France. Il est tout à fait capable de réussir à Lyon. Il a une pression très forte, on essaye de trouver la solution pour qu’elle soit moins forte. Il ne faut pas tiré de conclusions avant qu’on trouve les solutions aux questions qui nous sont posées. On a du potentiel, y compris avec Yoann Gourcuff. Et je pense que les arrivées de Gomis et Briand dans un contexte qui est le nôtre, c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. »

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La rédaction