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Aulas : « Dimanche, on sera avec Saint-Etienne »

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S’il estime qu’un PSG aux moyens colossaux devrait logiquement régner quelques années sur la Ligue 1, le président lyonnais espère bien titiller le club de la capitale jusqu’au bout. Au point de supporter l’ennemi juré stéphanois le temps de son match face au leader parisien, dimanche.

Jean-Michel, la course au titre est-elle encore d’actualité à Lyon ?

C’est vrai qu’on peut parler de tout. Le PSG a tellement de moyens supérieurs, a des points d’avance (quatre, ndlr). Ce serait magnifique de pouvoir en parler à deux journées de la fin puisqu’il y aura un Lyon-PSG qui sera peut-être décisif. Mais si on pouvait déjà assurer une qualification directe en Ligue des champions avec une deuxième place, on serait royalement heureux.

Mais concrètement, y croyez-vous encore ?

En débutant le championnat, on a toujours envie de participer à la lutte finale. Je l’avais dit à mes joueurs avant le match de Marseille (0-0). Ça n’a pas été suffisamment efficace mais on avait notre avenir entre nos mains, puisqu’en gagnant nos onze derniers matchs, nous avions la certitude d’être champion. Il y a encore une probabilité qui est faible mais qui existe. On y travaille, on n’a pas d’autres compétitions à jouer et on doit se donner les moyens de rêver.

Comment jugez-vous votre adversaire direct, le Paris Saint-Germain ?

Le PSG est dans le syndrome des multi-compétitions. Ils ont la capacité de gagner tous les matches quand leur équipe est concernée, tactiquement, physiquement, et qu’ils n’ont pas d’absent. Et cette dualité avec la Ligue des champions apporte aux joueurs. Il y a de fortes probabilités que Paris gagne ce championnat de France. D’ailleurs, ce serait logique quand on voit les moyens. Mais il y a aussi cette volonté incroyable de l’Olympique Lyonnais, cette culture de la gagne nous donne l’espoir de lutter jusqu’au bout.

« Gourcuff ne peut pas avoir perdu son talent »

Et dimanche, vous allez plutôt pencher du côté de Saint-Etienne ?

Il faut regarder chronologiquement les choses. Dimanche on sera évidemment avec Saint-Etienne pour essayer de faire chuter Paris. C’est une question d’arithmétique ponctuelle.

Il y a quelques jours, vous lâchiez que l’hégémonie du PSG pourrait durer sept ou huit ans. Pourquoi ?

La question qui m’était posée était : "Qu’est-ce que cela fait après sept ou huit ans d’hégémonie de Lyon, d’avoir une nouvelle hégémonie ?". J’ai répondu qu’il fallait l’accepter parce c’est que le sport. J’ai dit alors qu’on pouvait imaginer que Paris réussisse tout mais que, dans sept ou huit ans, ils auront peut-être à accepter ce que nous devons subir maintenant. Mais ça ne veut pas dire non plus que pendant Paris va tout rafler pendant cette période. Je pense même qu’il y aura de la concurrence. La construction du stade de Lyon est une réponse à moyen terme à l’hégémonie du PSG.

Où en est Yoann Gourcuff ?

C’est la glorieuse incertitude du sport. Moi je crois en Yoann parce que je l’ai fait venir à Lyon il y a maintenant trois ans. S’il est venu à Lyon, c’est parce qu’il pensait que Lyon allait lui permettre de pouvoir continuer son parcours exceptionnel de Bordeaux. Et je pense qu’un joueur ne perd pas son talent. Un joueur peut l’exprimer de manière plus ou moins forte. Il peut y avoir des difficultés de blessure, de psychologie, d’environnement et nous essayons de créer, autour de Yoann, un environnement favorable qui lui permette de redevenir ce qu’il a été. Et ça, c’est tout à fait possible. Alors certes nous avons mis des moyens pour le faire venir, c’était la seule façon de le faire quitter Bordeaux. Il nous reste alors deux années pour rentabiliser cet investissement important.