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Ayew, taillé pour l’OM

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A l’image de son doublé à Nancy (2-1), le milieu de terrain marseillais est devenu un atout indispensable à l’équipe de Didier Deschamps. A 21 seulement ans, le fils d’Abedi Pelé s’est imposé grâce à un caractère bien trempé. Portrait.

A l’heure de la distribution des prix, les deux buts marqués par André Ayew à Nancy (2-1) dimanche pourrait peser très lourd. Décisif, le Ghanéen l’est de plus en plus. S’il s’est fait une spécialité d’inscrire tous ses buts (6 en L1) à l’extérieur, ses réalisations ont déjà rapporté sept points à l’OM ! Voilà pour les chiffres. Au-delà des statistiques flatteuses, c’est surtout la force de caractère et la maturité du Ghanéen qui impressionnent. A seulement 21 ans, « Dédé » est devenu en sept mois l’atout offensif numéro un des Marseillais. « C’est un leader d’attaque », confirme Didier Deschamps.
Cette force mentale, Ayew l’a depuis tout petit. Peut-être même que l’entraîneur phocéen l’a décelée à ce moment-là… « Lorsque je jouais à Marseille avec lui, mais aussi Papin ou Waddle, j’emmenais « Dédé » à l’entraînement, raconte son papa, Abedi Pelé, milieu de terrain offensif d’un OM flamboyant dans les années 90. Il courrait partout et tapait dans tous les ballons. »

Le Roy « Il s’est affranchi très vite de l’étiquette « fils de… » »

Très vite, le joueur laisse la place au compétiteur. « J’ai le souvenir d’un jeune au caractère bien affirmé », se remémore Roland Gransart, directeur du centre du formation de l’OM où Ayew a répété ses gammes. C’est à cette époque, alors qu’il n’a que 17 ans et aucun match de L1 au compteur, qu’il fait ses débuts internationaux avec le Ghana. Claude Le Roy, alors sélectionneur des Black Stars, n’a pas oublié. « Je suis venu le voir jouer deux fois, raconte-t-il. J’ai dit aux dirigeants qu’il fallait le prendre pour les Moins de 20 ans et les éliminatoires olympiques. Personne ne m’a écouté. C’est pour ça que je l’ai pris en A. Dans une équipe avec de grandes personnalités comme Gyan, Kingson, Appiah ou Essien, il n’a pas eu peur de montrer les muscles durant les séances d’entraînement. Il voulait donner le sentiment à tout le monde qu’il n’était pas le fils de son père et qu’on ne l’avait pas pris pour ça. Il a fallu que je le calme quelque fois pour ne pas qu’il en vienne aux mains avec ses coéquipiers. » Un jour, ça chauffe quand même avec Kingson…
Ambitieux, déterminé et désireux de s’affranchir au plus vite de l’étiquette « fils de », « Dédé » Ayew grandit très vite. Trop vite ? « Il s’énerve rapidement, reconnaît son père. On lui dit pourtant de garder son calme, mais il a un très fort caractère et c’est aussi pour ça qu’il en est là aujourd’hui. »
Deux prêts à Lorient puis Arles-Avignon lui permettent de s’aguerrir. Aujourd’hui, le 15e salaire de l’OM (1,2 M€ par an, ce qui le place derrière des joueurs comme Kaboré ou Cheyrou), est la principale attraction d’une équipe phocéenne qui enchaîne de nouveau les victoires. C’est pour cette raison que ses agents et ses dirigeants vont se rencontrer très prochainement discuter d’une probable prolongation…