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Ben Khalfallah veut « s’imposer à Bordeaux »

Fahid Ben Khalfallah

Fahid Ben Khalfallah - -

Très décevant la saison dernière, Fahid Ben Khalfallah a redressé la tête cet été. Plus en confiance, le Tunisien, qui déplore la situation dans son pays, espère confirmer ses bonnes sensations ce dimanche face à Rennes (17h).

Fahid, qu’attendez-vous du match face à Rennes ce dimanche ?

Rennes, c’est une équipe assez physique. C’est une formation qui est très costaude avec un gros potentiel offensif. Maintenant, ils ont deux ou trois blessés aussi, des joueurs importants comme Kembo ou Apam. Tant mieux pour nous, mais bon il nous en manque aussi. A chaque fois qu’on a joué contre Rennes, ça n’a pas été des matchs très ouverts. A nous de faire en sorte de marquer rapidement pour ouvrir le match et que ça se décante tranquillement. On sait que c’est une équipe qui a des joueurs avec un gros potentiel physique. Il faudra répondre présent. Avec Féret, M’Vila et Pitroipa, ce sont des joueurs techniques. C’est une équipe complète qui sera un de nos concurrents directs. Ce sera une belle rencontre.

La chaleur va-t-elle être un facteur déterminant ?

On ne va pas se plaindre. En hiver, on se plaint quand il fait froid. Et quand il fait beau, on se plaint. Honnêtement, je préfère jouer quand il fait 40°C plutôt qu’à -10°C. On n’est jamais content. Ça va, à un moment donné, il faut arrêter aussi. Jouer à 17h, ça va. C’est un beau match à jouer, il risque d’y avoir du monde donc on ne va pas commencer à se plaindre parce qu’on joue à 17h. Dans ces cas-là, on a qu’à couvrir le stade, le fermer et on met la clim, comme ils veulent faire au Qatar pour la Coupe du monde. Et on sera content !

Comment s’est passé votre préparation d’avant-saison ?

J’ai eu de la réussite sur les matchs amicaux. Ça met en confiance. L’année dernière, quand je n’ai pas été bon, j’étais le premier à me remettre en cause. J’étais déçu de ne pas être dans le groupe mais quand l’équipe tourne et que les nouveaux joueurs apportent un plus, il faut se taire et bosser. Mon comportement et mon investissement ont toujours été les mêmes. Lors de la préparation, le coach (Francis Gillot, ndlr) a dit que les compteurs étaient remis à zéro. On bosse et on essaie de marquer le plus de points possibles. J’espère que ça va continuer. J’ai toujours voulu m’imposer à Bordeaux. Avec la confiance, on prend des risques, on tente des choses, on n’a pas peur de louper. Ça change.

« La Tunisie est en train de régresser »

Avez-vous pensé à partir ?

Je me suis posé la question. Dans ma tête, si je partais de Bordeaux, c’était pour l’étranger. J’ai eu des contacts avec des clubs français mais j’ai tout de suite refusé. Je ne veux pas partir de Bordeaux sur un échec. J’ai envie de montrer mon vrai visage. Si le coach ou le président m’avaient dit ‘‘ça va être compliqué pour toi’’, j’aurais cherché à partir mais ça n’a pas été le cas.

Bordeaux peut-il être un véritable outsider cette saison ?

Lille mais ils avaient déjà fini devant nous. Après, Marseille ne s’est pas renforcé, Lyon ne s’est pas renforcé. On a fini 5e avec le même effectif. Donc le minimum, c’est au moins de refaire la même chose. Quand on voit les six premiers mois l’année dernière et qu’on était relégable au bout de trois mois, c’était compliqué. Il y a de l’avance. Maintenant, on ne va pas s’enflammer mais oui, le minimum c’est d’être européen. Le but est de refaire au moins la même chose que l’année dernière. Après si on peut gratter une ou deux places, tout le monde sera content.

Un petit mot sur les événements en Tunisie (l’attaque d’un festival à Bizerte dans le nuit du 16 au 17 août, ndlr)...

C’est peut-être le pays le plus ouvert en Afrique. Grâce à Bourguiba, les femmes avaient autant de droits – c’est normal – que les hommes. Et là, quand on entend les abrutis qui prennent le pouvoir dire « ce n’est pas l’égal à l’homme, c’est la partenaire ». Mais il faut être complètement débile. Les gens se plaignaient de Ben Ali mais c’est pire maintenant. Les islamistes veulent prendre le pouvoir. C’est inimaginable de créer une loi sur le fait que tu peux régner sur un pays avec une religion. Ce n’est pas possible. Je trouve ça malheureux que les gens qui vont en Tunisie reviennent. Le pays est en train de régresser. On est en train de perdre 200 ans.

Propos recueillis par Olivier Schwarz