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Bordeaux-Lyon : Sagnol et les jeunes, pourquoi ça marche

Willy Sagnol

Willy Sagnol - AFP

C’est avec une nouvelle génération aux dents longues que les Girondins de Bordeaux défient Lyon ce dimanche soir (21h), en match de clôture de la phase aller du championnat. Une éclosion facilitée par le management de l’entraîneur bordelais Willy Sagnol.

Francis Gillot ferait sans doute une drôle de tête s’il entrait aujourd’hui dans le vestiaire des Girondins avant un match de Ligue 1. Pas sûr que l’ex-coach aquitain retrouve la même ambiance que la saison passée. Depuis que Willy Sagnol a repris les commandes, DJ Maurice-Belay ou DJ Poko font vibrer les murs au son du hip-hop ou de musiques africaines. « Ça n’existait pas avant parce qu’on avait un petit peu de crainte, lâche André Poko. Mais maintenant, le coach autorise la musique, donc on en met. Ça nous relâche, on se sent un peu plus libéré avant les matches. » Symbole de la volonté de Willy Sagnol d’être proche de ses joueurs, la musique s’est accompagnée d’un rajeunissement de l’effectif bordelais, dicté en grande partie par les restrictions budgétaires.

Il faut dire qu’à la différence de Zinedine Zidane, qui demandait un effectif de qualité, l’ex-arrière droit du Bayern avait le profil idoine pour lancer les jeunes talents et les faire grandir. Une expérience et un palmarès long comme un bras, un passage à la FFF où il fut responsable des équipes de jeunes puis entraîneur des Espoirs. Question crédit, le pari était gagné d’avance : « On va plus écouter ce qu’il dit qu’un autre, avoue Thomas Touré (20 ans), l’un des plus beaux symboles de la jeunesse bordelaise (Marcelo Bielsa se serait même renseigné…). Avec son vécu, il me donne beaucoup de conseils. Ça me fait gagner un peu d’expérience. La confiance d’un entraineur, c’est très important. »

Yambéré lancé dans le grand bain au Parc

Boostés par Willy Sagnol, Thomas Touré mais aussi Emiliano Sala (23 ans) ont fait leurs grands débuts en L1 cette saison. Younes Kaabouni (19 ans), Clément Badin (21 ans) ou Enzo Crivelli (19 ans) effectuent quant à eux des apparitions plus ou moins régulières. A 24 ans, Cédric Yambéré, ex-capitaine de la CFA, a carrément été lancé dans le grand bain au Parc des Princes, face au PSG (défaite 3-0), sans s’être préparé avec le groupe pro. La signature d’un coach qui s’est immédiatement inscrit dans le projet bordelais. « Je savais qu’il fallait que je compte sur des jeunes en arrivant », rappelle-t-il avant de revenir sur sa façon de composer avec les codes d’une nouvelle génération qu’on dit difficile à appréhender : « Ce n’est pas à eux de s’adapter à ce qu’on faisait avant, c’est à nous de nous adapter à ce qu’ils font, sinon il y a choc culturel et générationnel et ça devient difficile de travailler. »

Une leçon tirée de ses premiers mois en Bavière. « Quand je suis arrivé à Munich en tant que joueur à l’âge de 23 ans, j’ai passé mes six premiers mois à dire tous les jours : "Pourquoi vous faites comme ça dans ce pays ? Chez nous on fait ça et c’est mieux." Jusqu’au jour où je me suis fait attraper par mes dirigeants qui m’ont dit : "Tu sais, ce n’est pas 80 millions d’Allemands qui vont changer pour un Français qui arrive…"

Kaabouni : « Il sait s’y prendre avec les jeunes »

L’âge de Willy Sagnol (37 ans contre 54 pour Francis Gillot) aide aussi dans l’approche de ses plus jeunes talents. « Il sait s’y prendre avec nous », note Younes Kaabouni. Pour Julien Faubert, « le discours est beaucoup plus facile à avaler quand ça vient d’une personne qui comprend le verlan, les expressions qu’ont certains jeunes. » Willy Sagnol parlerait donc le "verlan" ? Réponse de l’ancien Madrilène : « Je ne pense pas qu’il le parle mais je pense qu’il a l’habitude de l’entendre… »

Aurélien Brossier avec Olivier Schwarz à Bordeaux