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Bordeaux – Marseille : les cinq clefs d’un choc

Le défenseur marseillais peut s'attendre à un accueil bruyant de la part des supporters bordelais dimanche soir

Le défenseur marseillais peut s'attendre à un accueil bruyant de la part des supporters bordelais dimanche soir - -

C’est un véritable tournant dans la course au titre que vont vivre Bordeaux et l’OM ce dimanche en Gironde (21h). Avec onze points de retard sur le champion de France sortant, les Marseillais ont la pression… mais aussi de solides arguments. Les enjeux du choc en cinq points.

1 / Des Girondins en manque de matchs
« On sort d’une trêve. Pour certains, ce sera un peu dur de trouver le rythme ou de le garder en fin de match. Sur ça, Marseille part avec un léger avantage. On va essayer de se rattraper sur la fraîcheur. » Mathieu Chalmé pointe du doigt le handicap majeur de son équipe avant le choc de dimanche : le manque de compétition. Cette semaine, six joueurs bordelais sont restés au Haillan (Gourcuff, Chamakh, Diarra, Ciani, Trémoulinas et Keita) tandis que les dix-sept autres ont effectué un déplacement inutile au Mans, le 8e de finale de Coupe de la Ligue entre les deux équipes ayant été reporté. Les Girondins n’ont, pour la plupart, que le 32e de finale de Coupe de France remporté devant Rodez (1-0) dans les jambes. Un peu maigre face à des Marseillais affûtés après leur succès in extremis mercredi à Saint-Etienne (3-2). « On va s’adapter », promet Chalmé.

2 / Nouveau défi physique en vue ?
Au match aller, Marseille avait concédé le nul sur ses terres (0-0), non sans imposer un terrible défi physique aux Bordelais. Les hommes de Laurent Blanc, longtemps gênés par cette densité athlétique, avaient dû attendre la fin de la partie pour se montrer dangereux. Pas sûr que l’OM change de registre dimanche. « Leur qualité du moment, c’est cet impact physique », analyse Cédric Carrasso. Le portier bordelais affirme que son équipe est désormais blindée contre ce type de scénario. « La différence entre le match aller et celui de dimanche, c’est la Ligue des champions qu’on a disputée. On a pu affronter des équipes physiques et on a encore appris dans ce domaine-là. Il faudra se servir de ça. »

3 / Le come-back de Diawara
En quittant la Gironde pour les bords de la Méditerranée l’été dernier, Souleymane Diawara ne s’est pas fait que des amis chez les supporters bordelais. Ces derniers ont prévu, par forums interposés, de lui accorder une « chaude réception » dimanche soir. « Je m’attends à un accueil difficile, reconnaît l’intéressé. Ce n’est pas grave. S’ils pensent que je les ai trahis, je les comprends. » Son ancien coéquipier Alou Diarra déplore : « Je trouverais dommage qu’il soit mal accueilli à Chaban-Delmas. Il a fait un choix de carrière. En deux ans, ‘’Souley’’ n’a jamais triché. » De toute façon, sifflets ou non, l’international sénégalais promet de tout donner. « Je serai dans le match. Ce n’est pas ce genre de comportement qui va me perturber. » D’autant que le bonhomme monte en puissance après un début de saison moyen.

4 / Niang, « l’imprévisible » valeur ajoutée
Son retour sous les couleurs olympiennes était attendu. Mamadou Niang s’est distingué, mercredi à Saint-Etienne, en inscrivant un but dès son entrée en jeu. Face à Bordeaux, il sera bien évidemment l’atout numéro un des Olympiens. Le Sénégalais, dans un bon soir, peut faire la différence à lui seul et apporter la finition qui manque souvent aux Marseillais. « C’est un super-joueur, un grand attaquant, confie son ancien partenaire Cédric Carrasso. On ne sera pas surpris avec lui. » Les Girondins s’attendent donc à un match compliqué face au buteur sénégalais. « Il est imprévisible. Anticiper ses déplacements sera compliqué, reconnaît Mickaël Ciani. Il faudra sortir rapidement sur lui et être présent dans les contacts. »

5 / La dynamique est bordelaise
Depuis le 1er octobre 1977, Bordeaux n’a plus perdu chez lui contre l’OM en championnat (2-1). Cela porte, avant le match de dimanche, à 24 le nombre de rencontres sans défaite des joueurs au scapulaire sur leurs terres ! Ajoutez à cela les onze points d’avance que possèdent les Girondins sur les Olympiens (qui comptent néanmoins un match en retard, contre Sochaux) et vous l’aurez compris : la pression n’est clairement pas sur les épaules des troupes de Laurent Blanc. « Ce n’est pas le match de la dernière chance pour l’OM, mais perdre chez nous serait une grosse désillusion pour eux », confirme Mathieu Chalmé. « Dimanche, nous serons face à un col de première catégorie », métaphorise Didier Deschamps. Le technicien phocéen reconnaît la difficulté à venir mais attend de ses joueurs une implication maximale. « Nous irons à Bordeaux avec beaucoup d'ambition », assure l’entraineur provençal. Ça promet !

A.D. avec O.S.