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Bordeaux: pourquoi King Street s'est débarrassé de GACP

Le rachat des parts de GACP par King Street a été officialisé lundi par les Girondins de Bordeaux. Le fonds d’investissement new-yorkais est désormais seul à la barre du bateau girondin. La situation avec son associé GACP n’était plus tenable.

Les premières tensions ne datent pas d’hier. Entre King Street et GACP l’alchimie n’a jamais été présente. 405 jours après avoir repris le club Joe DaGrosa et Hugo Varela, les têtes pensantes de GACP, ont été écartés de la gouvernance du club mais les premiers conflits sont apparus très rapidement. GACP a vécu nettement au-dessus de ses moyens et un déficit d’environ 35 millions d’euros est aujourd’hui recensé dans les caisses du club. King Street (qui pèse plus de 20 milliards de dollars) s’est même fendu d’une lettre de confort lors du dernier passage de la DNCG pour assurer que la dette serait résorbée et que le club n’est pas en danger.

Ces 35 millions sont la conséquence de plusieurs facteurs. L’augmentation significative de la masse salariale au club de 11 millions d’euros, le recrutement de nombreux salariés cadres dont les salaires sont importants ainsi que le train de vie des dirigeants de GACP. De nombreuses dépenses personnelles ont été facturées via des notes de frais au club notamment l’hébergement au Grand Hôtel de Bordeaux, établissement de luxe, et de nombreux aller-retours en avion. Des dépenses conséquentes qui ont définitivement agacé King Street décidé à stopper l’hémorragie.

Fracture ouverte Longuépée-Varela

Au club, la situation était intenable entre les deux camps. Frédéric Longuépée, le président délégué, homme de King Street, et Hugo Varela ne s’adressaient plus la parole et étaient en opposition sur la majorité des sujets. Paulo Sousa et Eduardo Macia, recrutés par GACP, se sont eux aussi détachés de Varela regrettant les promesses non tenues et le manque de clarté vis-à-vis de la politique sportive. Le mercato estival a marqué une vraie rupture dans la relation Sousa-Varela même si sans GACP Laurent Koscielny n'aurait sûrement pas signé aux Girondins de Bordeaux.

Désormais, King Street se retrouve seul à la barre et va devoir clarifier ses intentions auprès des supporters mais également de Paulo Sousa qui réclame depuis plusieurs semaines stabilité et visibilité. Le Portugais aimerait se renforcer au mercato hivernal avec un joueur par ligne mais financièrement la donne s’annonce compliquée sauf en cas de départs des joueurs peu utilisés (Baysse, Cafù, Poundjé). Frédéric Longuépée, lui, est nommé président directeur général malgré le conflit qui l’oppose aux Ultras. Tout est encore loin d’être réglé en interne aux Girondins.

Ncolas Paolorsi