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Brandao a encore son mot à dire

Brandao

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Conspué par les supporters, pointé du doigt par les observateurs et même par son entraîneur, le buteur brésilien a pourtant une belle carte à jouer en 2011 sur le front de l’attaque de l’OM. Grâce, notamment, aux insuffisances d’André-Pierre Gignac.

Une petite merveille d’ouverture de Lucho Gonzalez dans le dos de la défense. Et voilà le pied gauche de Brandao qui surgit pour inscrire le deuxième but de l’OM, mercredi soir, lors du match amical disputé par le champion de France face à la réserve de Carthagène (3-1), club de Troisième Division espagnole. Pas de joie superflue de la part du Brésilien. Pourtant, ce dernier vient d’inscrire, après celui contre Chelsea en Ligue des champions, son deuxième but de la saison. Le premier de l’année 2011. Un bilan peu reluisant que Didier Deschamps a récemment déploré. « Si on veut atteindre nos objectifs, l'efficacité des deux attaquants axiaux est indispensable, déclarait l’entraîneur marseillais. On ne peut pas être champion ou se qualifier en Ligue des champions sans un joueur qui met entre 15 et 20 buts, souligne l'entraîneur olympien dans L'Equipe. Les deux axiaux doivent être à 25 buts à deux. Pour le moment, il y a déficit. »

Comme Gignac, Brandao est clairement visé par son coach, qui attend plus de lui. A sa décharge, le Brésilien souffre de manques autres que de simples qualités techniques. « Brandao avait une belle relation avec Mamadou Niang, précise Rolland Courbis. Ce dernier parti, il a perdu un partenaire mais aussi un complice. » Brandao-Niang, le duo faisait la maille en L1. Il avait notamment permis à l’OM de gommer son retard de points sur Bordeaux puis de s’adjuger le titre. La deuxième partie de saison… une période qui semble inspirer au plus haut point Brandao.

Bien meilleur en deuxième partie de saison

Arrivé en janvier 2009, ce dernier n’avait pas traîné avant de trouver le chemin des filets adverses, inscrivant sept buts, tous décisifs dans la qualification de l’OM à l’époque en Ligue des champions. L’hiver dernier, rebelote. Après un début d’exercice 2009-10 convenable mais plombé par son raté monumental en Ligue des champions contre le Milan AC, Brandao remet le moteur en route. Trois buts en L1, deux doublés en Coupe de la Ligue : le numéro 9 marseillais, jamais avare d’efforts défensifs, remplit son contrat. A défaut d’honorer celui que lui offrait sur un plateau d’argent le Rubin Kazan l’été dernier, Deschamps ayant mis son veto. Pourra-t-il se réveiller à nouveau et éteindre les sifflets qui accompagnent chacun de ses gestes au Vélodrome ? La défaillance d’André-Pierre Gignac lui offre une réelle opportunité de le faire. Oui mais…

« Tout va dépendre du dispositif, estime Rolland Courbis. Est-ce qu’il sera capable de retrouver avec Gignac la relation technique qui était la sienne avec Niang ? En tout cas, on ne cessera de le dire mais il fait du bien à cette équipe. Sur un match entier ou même sur un bout de match. » Didier Deschamps en a bien conscience. Si le technicien olympien reconnaît les manques de son attaquant, il le porte toujours en haute estime. Et n’hésite pas à le rappeler quand il le juge nécessaire. « Il n’a pas toujours eu un soutien inconditionnel, estimait le guide phocéen début décembre. Mais on a besoin de lui dans les prochains matches. » Brandao connaît la chanson.

A.D.