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Canicule : comment un club de L1 gère une reprise sous hautes températures

Avec des thermomètres qui affichent de très fortes températures, la rentrée des clubs de Ligue 1 se fait sous le signe du soleil et de la chaleur. Comment gérer de telles conditions ? Réponse à travers l’exemple de l’OGN Nice.

Sur le bord du terrain, le pack de bouteilles d’eau remplit son office. Passage obligé pour les joueurs à chaque pause. Plus qu’un conseil appuyé, une consigne. « On oriente les joueurs à boire régulièrement, pas de manière brutale mais par petites gorgées, raconte Alexandre Dellal, entraîneur adjoint de l’OGC Nice en charge de la préparation physique. On leur dit de bien garder l’eau dans la gorge pour refroidir un peu la mécanique car on ne veut pas qu’elle surchauffe et que le joueur n’ait plus la capacité à enchaîner les efforts. »

A l’heure d’une reprise sous le signe de la canicule, les hautes chaleurs qui touchent la France représentent un ennemi pour le footballeur de Ligue 1. Alors à Nice comme ailleurs, on s’organise. « On essaye déjà de planifier les deux entraînements en dehors des températures très élevées, poursuit Alexandre Dellal. On commence très tôt le matin, vers 8h-8h30, et un peu plus tard le soir, autour de 18h-18h30. On essaye d’avoir des entraînements qui sont rythmés mais bien entrecoupés par des séances d’hydratation où on boit essentiellement de l’eau ou des boissons contenants pas mal de sels minéraux. »

« Si on s’entraînait comme d’habitude, les joueurs ne tiendraient pas 70% de ce qu’on veut faire »

Des adaptations pas forcément en accord avec le programme du staff technique. « Il y a beaucoup moins de densité et beaucoup plus de récupération », confirme Claude Puel, l'entraîneur de l'OGC Nice. Mais obligatoires à court comme à long terme. « Si on ne prend pas ces facteurs en compte, on va avoir des difficultés car les joueurs ne vont pas répondre en adéquation avec les objectifs recherchés, explique Alexandre Dellal. Si on s’entraînait à 10 et 16 heures, comme on a l’habitude de planifier, les joueurs ne tiendraient pas 70% de ce qu’on veut faire. Notre planification et nos séances tomberaient à l’eau en termes de contenu et d’exigence et la progression des joueurs, que l’on recherche sur tous les aspects dans cette phase initiale, ne serait pas possible. D’où le choix de beaucoup d’équipes d’aller en stage. Nous allons aller à Divonne-les-Bains pour rechercher cette baisse de température et un cadre un peu plus frais qui vont nous permettre de travailler dans de bonnes conditions. »

Mais au fait, quand on vit à Nice, n’est-on pas un peu habitué à gérer de telles conditions ? « Les joueurs qui arrivent du nord ou de pays étrangers ont une adaptation à faire pas évidente », précise Claude Puel. « Oui et non, répond Alexandre Dellal. On aime la chaleur ici et le corps s’y habitue mais c’est toujours difficile d’y répondre. Faire des efforts sous cette température reste délicat. Qu’on soit habitué ou pas, les règles sont les mêmes. Il faut bien s’hydrater, avoir un bon sommeil, essayer d’avoir des climatiseurs à la maison pour faire baisser la température du corps le plus possible. » Histoire, aussi, de s’éviter quelques contrariétés physiques. « Je ne pense pas que le risque de blessures soit plus majoré que ça par la chaleur. Quand le corps ne peut plus, il ne peut plus, rappelle Alexandre Dellal. C’est plus en termes de réponse hormonale globale. Quand on varie notre température interne, il y a une évolution différente des hormones que l’on sécrète. Ça ne joue pas le jour-même mais de façon indirecte, trois-quatre jours après. »

A.H. avec Y.P. à Nice