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Cayzac : « Le vrai départ du PSG »

Alain Cayzac

Alain Cayzac - -

Quand le PSG est quelque part, Alain Cayzac n’est jamais loin. Présent à Orly ce jeudi, l’ancien président du club de la capitale s’est plongé dans la saison à venir. Une saison qu’il juge déterminante pour le PSG des Qataris.

Alain, que vous inspire ce nouveau PSG ?

Que des choses positives. Le PSG est entré dans une nouvelle dimension européenne, peut-être même mondiale. Ce qui ne veut pas dire que tout va réussir tout de suite. Mais en tout cas, ce qui est fait est formidable. Non seulement il y a des moyens, mais en plus ils sont intelligemment utilisés.

Avec Zlatan Ibrahimovic, Paris tient enfin sa grande star…

C’est une grande star mondiale. On a pu voir le déferlement médiatique autour de lui lors de son arrivée. Ceci dit, le PSG, ce n’est pas que lui. C’est celui qui a la plus forte notoriété mais les autres joueurs autour de lui sont formidables aussi.

Comment réagissez-vous à la polémique créée par son salaire (14 M€ net par an) ?

Certains se plaignent que le PSG a trop d’argent… Alors qu’avant, ils se plaignaient du contraire. Et puis est-ce que les gens se soucient des salaires de Sylvester Stallone ou de Brad Pitt ? C’est bien de toujours s’en prendre au football… Mais c’est un spectacle qui touche et intéresse le monde entier.

Cela fait encore du changement pour un club bouleversé depuis l’été dernier…

L’année dernière, il y a eu un changement d’entraîneur, plusieurs recrues… Plusieurs choses se sont mises en place. Je l’ai toujours dit. Pour moi, le vrai départ du PSG, c’est cette saison. Franchement, je n’ai pas été déçu que l’on ne soit pas champion l’an dernier. Si on l’avait été, les gens auraient dit : « voilà, il suffit de mettre de l’argent pour être champion de France. » finalement, ne pas l’être a des bons côtés. Cela prouve que le football, oui c’est de l’argent, des moyens mais c’est aussi du talent et du temps. Et ça, les Qataris l’ont bien compris. Ils le font bien.

« Tous les matchs seront difficiles »

Mais avec autant d’argent investi et le pedigree des joueurs majeurs du club, le PSG se doit cette fois d’être champion. Les gens auraient du mal à comprendre un nouvel échec…

Oui. Mais ça ne va pas être facile. Il y a des équipes qui se sont là depuis longtemps, comme Lille. Il faudra les battre. Après, il ne faut pas manier la langue de bois. Avec l’équipe que l’on a, on devrait être champions oui. Mais il ne faut pas croire que c’est joué parce qu’on a fait un recrutement formidable. Et si en Ligue des champions, on pouvait être quart-de-finaliste, ce serait déjà un bon début.

Quel sera le principal danger pour Paris cette saison ?

Sa résistance à la pression. Tout le monde pense qu’il va suffire au PSG de se présenter sur le terrain pour gagner des matches… Je fais confiance à Ancelotti pour éviter tout excès de confiance. Les matchs, il faudra les jouer et ils seront tous difficiles car Paris sera attendu partout. Et si on ne passait pas les poules en Ligue des champions…

Ce serait un couac retentissant…

Non, ce ne serait pas une catastrophe. Une petite déception, oui. Même si les choses sont allées très vite cette année, l’équipe se bâtit petit à petit. Il faudra être capable dans les 3-4 années à venir d’être dans le dernier carré de la C1.

« Bianchi, Rai, Pauleta, Susic n’étaient pas français »

Clément Chantôme et Mamadou Sakho semblent menacés par le recrutement. Peuvent-ils encore, selon vous, gagner leur place à Paris ?

Mamadou, je le connais depuis qu’il a l’âge de 13 ans. Je pense qu’ils peuvent s’imposer. En tout cas, je le leur souhaite. Il y aura 25 joueurs en piste et s’ils sont bons, ils joueront. Ce sont deux très bons joueurs, voire même deux très grands joueurs. La preuve, Lyon souhaite leur venue… Il est important qu’à Paris, des joueurs issus du centre s’imposent en équipe première.

Certains reprochent aux Qataris de ne recruter que des joueurs étrangers…

Pour recruter français, encore faudrait-il que les clubs soient prêts à vendre au PSG. A ma connaissance, il n’y a pas trop eu d’occasions. Si Lille avait souhaité vendre Hazard au PSG, je pense que le club aurait été intéressé. Et puis les grands joueurs du PSG, Bianchi, Rai, Pauleta, Susic, n’étaient pas français il me semble… Et personne ne se demandait à l’époque qu’elles étaient leurs nationalités.

Finalement, ce PSG, c’est un peu celui que vous auriez aimé bâtir lors de votre présidence…

Oui, oui, oui. N’importe quel président du passé aurait souhaité ça. Mais il n’y a pas de regrets à avoir. Le PSG est un club jeune. Il a connu différentes étapes. L’association avec Borelli, puis les années Denisot. Puis après, ça a été plus dur. Colony Capital n’avait pas les moyens des Qataris. J’étais là à ce moment-là, c’est la vie. Il ne faut pas penser à soi dans ces cas-là mais au club. Rien qu’au club.

Propos recueillis par Alix Dulac