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Cette pelouse du Parc des princes qui fait même envie au Barça

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C’est sur la meilleure pelouse de France que le PSG accueille Rennes ce vendredi soir en match d’ouverture de la 23e journée de L1 (20h30). Comment le champion de France a-t-il réussi à transformer son terrain en un véritable billard, au point de rendre jaloux le Barça ? RMC Sport a mené l’enquête.

La scène se déroule le 30 septembre, jour de PSG-Barcelone (3-2) en Ligue des champions. Lors du déjeuner entre dirigeants des deux clubs à la Tour d'Argent, la pelouse du Parc des Princes s'insère dans la discussion. Le président du Barça, Josep Maria Bartomeu, avoue aux Parisiens l'effet qu'elle a eu la veille, lors de l'entrainement, sur Leo Messi et ses coéquipiers : « Mes joueurs ont été émerveillés par votre pelouse, dit-il. Ils sont venus me voir pour me réclamer la même au Camp Nou. » Sacré meilleure pelouse de L1 ce jeudi à 24 heures de PSG-Rennes (20h30), le « billard » du Parc des Princes impressionne toutes les équipes.

C'est lors de l'hiver 2012-13 que le Paris enclenche son projet pelouse. A l'époque, les joueurs s'entraînent sur des terrains catastrophiques au Camp des Loges. Les dirigeants prennent alors conscience que ces conditions d'entrainement et de match ne sont pas en adéquation avec la nouvelle dimension du club, qu'elles augmentent le risque de blessures graves, diminuent la qualité de l'entrainement et affaiblissent la motivation des joueurs au quotidien.

Le PSG recrute à Aston Villa

Le club, obsédé par l'excellence dans toutes ses entités, cherche alors où se trouvent les meilleures pelouses. La réponse saute aux yeux : c’est en Angleterre et notamment à Aston Villa, qui est primée pour la qualité de son gazon quasiment chaque année. Les contacts sont donc noués avec Jonathan Calderwood, le jardinier du club et Jonathan Hewitt, spécialiste de la structure de la pelouse qui deviendra consultant auprès du PSG.

Grâce à son pouvoir financier, le club parisien parvient aussi à débaucher Calderwood et installe une structure entièrement dédiée à l'entretien et au développement des pelouses. Au point que le PSG dispose aujourd'hui d'une équipe de huit personnes en charge à temps plein de trois terrains (5 au Camp des Loges, 2 au Parc). Coût des travaux : 8 M€.

« Ce qui me choque le plus en France ? Le peu de respect que l'on porte aux jardiniers »

« On dispose d'une pelouse mi-synthétique, mi-naturelle, confie Jonathan Calderwood à RMC Sport. Toute la surface de la pelouse est naturelle. C'est le substrat en-dessous qui a une part de synthétique. Il y en a 20 cm, ce qui permet aux racines de ce gazon naturel d'être plus fort. Concrètement quand les joueurs taclent ou ont des appuis très rapides, la pelouse est très résistante et ne bouge pas. »

Evidemment, on est obligé de lui demander ce qu’il pense des autres pelouses du championnat de France, très loin de faire l’unanimité. Calderwood répond : « Je ne suis pas choqué car je comprends pourquoi ils sont dans cet état. Les gens ne comprennent pas tout ce qu'il faut pour avoir un bon terrain : l'équipement en sous-sol, l'investissement financier, la machinerie, la qualité des tondeuses, la qualité des jardiniers et leurs qualifications et tout le respect que vous leur devez… C'est peut-être ça qui me choque le plus en France : le peu de respect et de considération que l'on porte aux jardiniers. C'est une vraie différence par rapport à l'Angleterre. » Une lacune que le PSG, au moins, a réussi à combler.

Aurélien Brossier avec Loïc Briley