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Comment Alessandrini a échappé à l’OM

Rennes : Romain Alessandrini

Rennes : Romain Alessandrini - -

Parti à 15 ans du centre de formation de l’OM, le talentueux Romain Alessandrini fait les beaux jours du Stade Rennais. Avant le choc face à sa ville et son club de cœur ce samedi à Rennes (17h), retour sur les raisons d’un échec.

« Cela a été un plaisir de marquer au Parc des Princes… » Ces paroles ne sont pas celles d’un joueur de l’OM mais du Stade Rennais, Romain Alessandrini. Pourtant, si le milieu de terrain offensif breton a pris autant de plaisir à marquer face au PSG (1-2), c’est bel et bien parce qu’il porte Marseille dans son cœur. « J’ai toujours été supporter de l’OM », confirme-t-il, les yeux pétillants. L’explication est simple. C’est dans la cité phocéenne que le talentueux gaucher voit le jour il y a 23 ans. C’est aussi à Marseille que le petit Romain grandit et tape dans ses premiers ballons, notamment à l’OM à partir de 9 ans.

A l’heure des retrouvailles, ce samedi (17h) au stade de la Route de Lorient, pourquoi l’une des grandes révélations de la saison porte-t-elle le maillot du Stade Rennais et pas celui de l’OM ? L'histoire est peu connue. A quinze ans, Romain Alessandrini, joueur très technique, vif et combattif, mais d’un modeste gabarit, est replacé au poste d'arrière gauche par son entraîneur. Eric Rech, le dernier éducateur à avoir eu l’adolescent sous ses ordres à Marseille, se souvient : « Un matin, je reçois un coup de téléphone de ses parents. Son père me dit que Romain veux arrêter, qu’il en a marre, qu’il ne veut plus jouer à l’OM ».

Rech (éducateur à l’OM) : « Si Romain lit ces mots… »

A cette époque, le joueur, qui conserve comme un trésor le maillot de Robert Pirès et côtoie quotidiennement des joueurs comme Nasri, Drogba ou Ribéry, ne fait pas le poids. Au sens propre du terme. « Le côté athlétique était privilégié dans les centres de formation, rappelle Eric Thiery, actuel coach de la réserve marseillaise et qui a entraîné Alessandrini lorsque celui-ci avait 14 ans. Romain était un peu frustré. Il rencontrait des difficultés, non pas en raison de sa technique, mais parce qu’il n’était pas arrivé à maturation physique. »

Démoralisé à l’OM, Romain Alessandrini change de monde à 15 ans. Direction Gueugnon.
« Partir loin de ma famille m’a fait énormément de bien, dit-il. Ce fut un mal pour un bien, ça m’a forgé. Ma taille (1,73m) ? Je ne pense pas qu’elle m’ait pénalisé même si j’avais certains complexes. » A Marseille, aujourd’hui, on se mord les doigts de ne pas avoir réussi à conserver un tel joyau. L’été dernier, José Anigo a même tenté de faire signer celui qui portait alors les couleurs de Clermont. Faute de moyens, ce sera un échec. « On savait que Romain avait de grandes qualités, glisse Eric Rech, la boule au ventre. A aucun moment je n’ai pu le frustrer ou le dégoûter du football. Il était plein de qualités. S’il lit ces mots, j’espère qu’il se souviendra que j’ai toujours eu le souci de le protéger avant de l’amener vers le haut niveau. Car il était quand même prévu pour le haut niveau… à Marseille. »

Aurélien Brossier avec FGe et PYL