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Comment Jessy Pi s’est fait une place au soleil

Jessy Pi, ici à la lutte avec Mathieu Valbuena

Jessy Pi, ici à la lutte avec Mathieu Valbuena - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

A 20 ans et après trois apparitions en L1, Jessy Pi, pur produit du centre de formation de l'AS Monaco, se fait petit à petit sa place dans un effectif constellé de stars. Coup de projecteur sur le parcours de ce milieu de terrain.

Comment êtes-vous venu au foot ?

J’ai commencé à l’âge de 4 ans dans mon village de Dauphin (Alpes de Haute-Provence). Mon père est marseillais, passionné de foot et ma mère adore aussi le football. Mes parents m’ont toujours soutenu, toujours supporté, aujourd’hui encore. Je suis né avec un ballon dans les pieds. J’ai donc passé cinq années à Dauphin, puis Manosque m’a repéré. Et après ma deuxième année en 15 ans DHR, j’ai signé à l’AS Monaco.

Pourquoi Monaco ?

A 13 ans, j’ai fait une détection au CREPS mais je n’avais pas été retenu. Monaco commençait à me suivre. Puis Cannes, Grenoble et l’OM m’ont contacté. Je devais faire un essai à Marseille mais je me suis blessé juste avant et ils n’ont pas donné suite. En revanche, j’ai été pris par Grenoble mais comme je savais que Monaco était sur les rangs, j’ai préféré attendre.

Comment s’est déroulée votre ascension ?

J’ai fait deux saisons en 17 ans puis une en 19 ans et deux en CFA. J’ai eu la chance de faire partie d’une génération exceptionnelle puisqu’on a gagné la Coupe Gambardella avec des joueurs comme Kurzawa, Ferreira-Carrasco, Eysseric, Makengo, Appiah ou Pandor qui est de 1993 comme moi. Et après deux saisons passées en CFA, j’ai signé mon premier contrat professionnel en mai dernier.

Quels souvenirs gardez-vous de votre premier match en pro ?

Le premier match de la saison, j’étais dans le groupe, sur le banc à Bordeaux. Puis quelques semaines plus tard après une déroute en CFA à Mont de Marsan où on a perdu 5-1, je n’avais pas vraiment le moral. Le coach Ranieri m’appelle alors et me demande ce qu’il s’est passé avec l’équipe réserve. Contre toute attente, une fois de plus, il me convoque en équipe première pour un match de gala au Vélodrome face à l’OM. Malheureusement pour lui et heureusement pour moi, Jérémy Toulalan se blesse au bout de dix minutes de jeu. Je rentre et je fais mes 80 premières minutes en Ligue 1. Et ça s’est plutôt bien passé puisqu'on a gagné ! Après Marseille, en championnat, j'ai joué au Parc des Princes face au Paris SG et à Gerland face à Lyon. Que des gros matches (rires). 

Côtoyer ces stars, est-ce intimidant ?

C’est sûr que s’entraîner avec tous ces grands joueurs, au début, c’est intimidant, c’est beau, c’est magnifique. Après, on s’aperçoit qu’ils ont les pieds sur terre, qu’ils ne prennent personne de haut. Que tu sois jeune ou ancien, connu ou pas, c’est pareil. Mais surtout, ce qui m’a frappé, c’est le travail. On sait tous que pour réussir, il faut travailler mais quand tu les côtoies et que tu les vois bosser à l’entrainement, tu apprends beaucoup d’eux. Ça me permet de progresser.

L’AS Monaco fait également confiance à ses jeunes issus du centre de formation…

C’est vrai que le club a recruté beaucoup de bons joueurs mais il y a également énormément de bons joueurs au centre de formation. Et Monaco ne se prive pas d’utiliser ces joueurs formés au club. Il y en a qui restent, d’autres qui partent mais beaucoup de joueurs deviennent professionnels en sortant du centre de formation.

L’exemple, c’est Kurzawa ?

C’est vrai, je l’ai côtoyé au centre. Il a un an de plus que moi mais c’est un exemple à suivre. Je suis content pour lui et nous, on travaille pour saisir notre chance en espérant que tout se passe pour le mieux comme pour Layvin.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je ne suis pas un garçon qui aime beaucoup bouger. La preuve, je n’ai connu que trois clubs (rires). Ça fait 6 ans maintenant que je suis là et je m’y sens très très bien.

Recueilli par YP à Monaco