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Comment le PSG peut devenir le club le plus riche du monde

Nasser Al-Khelaifi

Nasser Al-Khelaifi - -

Grâce au contrat colossal qu’il a noué avec la Qatar Tourism Authority (200 M€ par an), le PSG vise un budget de 540 M€. Pascal Perri et Bastien Drut, économistes du sport, expliquent comment le club de la capitale peut parvenir à ses fins.

Comment Paris peut doper son budget

« Il faut l’argent des actionnaires parce que les revenus autonomes du club sont limités, rappelle Pascal Perri. Il y a ceux qui sont connus à l’avance : les droits télés, qui ne sont pas révisables, les revenus marketing que l’on peut imaginer comme un peu extensibles et les revenus de la billetterie où, là aussi, on peut imaginer que le PSG augmente le niveau tarifaire moyen. Mais ça ne fera jamais 500 millions d’euros. » Seul le contrat signé avec la Qatar Tourism Authority peut permettre au PSG de changer de dimension. « Pour atteindre 540 millions d’euros par an, cela repose très, très largement sur le contrat qu’a noué le PSG avec le Qatar Tourism Authority, explique Bastien Drut, auteur du livre ‘‘L’économie du football professionnel’’. C’est le plus gros contrat de sponsoring qui ait été signé par un club professionnel de sport. Il permet au PSG d’avoir des recettes à peu près au niveau des dépenses et donc, de ne pas être sanctionné par le fair-play financier. »

Comment le PSG peut être sanctionné par le fair-play financier

« Le PSG appartient au fonds souverain du Qatar, donc à l’état du Qatar. Ce qu’il y a de particulier, c’est que les propriétaires du PSG et de la Qatar Tourism Authority sont les mêmes, ce qui pose problème au niveau du fair-play financier », estime Bastien Drut. Il y aura une vraie question d’interprétation de la part de l’UEFA. Il faudra que le PSG puisse prouver qu’il peut apporter un vrai service à la QTA. Il pourrait y avoir une vraie bataille juridique entre le PSG et l’UEFA. » Une bataille juridique loin d’être claire selon Pascal Perri. « On ne peut pas interdire à une société touristique du Qatar d’investir dans le Paris Saint-Germain, à travers des contrats de communication et de publicité, juge-t-il. Selon moi, les frontières du fair-play financier sont encore floues, on doit encore négocier et il n’y a pas de règles très précises. »

Comment le PSG peut éviter une sanction

« Un budget à 540 millions d’euros, ce n’est pas neutre. Mais dans les années qui viennent, il y a un lent déploiement prévu pour le fair-play financier, avance Pascal Perri. C’est une réforme qui ne va pas s’appliquer du jour au lendemain dans toute sa rigidité. On voit mal comment, avant 2016, elle aura prévu tous ses effets. Il n’y a pas d’obstacles financiers puisqu’apparemment, le Qatar a décidé de mettre le paquet et pour une période a priori assez longue. » Bastien Drut, lui, ne voit tout simplement pas l’UEFA se passer du PSG en Ligue des champions. Question d’image. « L’UEFA a trop besoin du PSG pour l’exclure de la Ligue des champions. Ils amènent des stars dans cette compétition comme Cavani, Ibrahimovic, Thiago Silva. L’UEFA ne s’en privera pas, mais elle peut très bien décider de lui infliger une énorme amende de 10-20 millions d’euros. C’est tout à fait envisageable. »

Comment le futur budget du PSG 1 va influer sur la Ligue 1

« Il n’y a plus de comparaison possible avec les autres clubs de Ligue 1, explique Pascal Perri. Il y a une comparaison possible avec les très grands européens, trois- quatre clubs qui ont des budgets supérieurs à 500 millions d’euros. Il y a le Real Madrid, Barcelone, un grand club anglais. Et quand on compare avec les autres sports très populaires, par exemple les franchises de football américain ou de basket aux Etats-Unis, on a explosé les frontières. Ce serait pratiquement le budget sportif le plus élevé pour un sport collectif professionnel. » Et pas forcément une bonne nouvelle pour le football français. Perri toujours : « Un budget de 540 millions, c’est toujours plus simple à gérer qu’un budget de 35 millions par exemple, comme c’est le cas de certains clubs de Ligue 1. Ce budget, il est très inflationniste. Plus on a d’argent, plus il faut être sélectif. On va considérer que la part des salaires sera établie en proportion. Cela aura un effet de contamination sur le reste du football français. Et ce n’est pas nécessairement une très bonne nouvelle pour le football français. »

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A.D avec C.G et J. Ri