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Crise des droits TV: la bataille juridique continue, Canal+ a trouvé un nouvel argument

Alors que la LFP prévoit de lancer sous peu un nouvel appel d'offres pour les droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2, Canal+ insiste toujours pour y faire inclure son propre lot. Et la chaîne cryptée a peut-être trouvé un argument décisif...

Le feuilleton de la crise des droits TV du football français se poursuit. Après la validation du principe jeudi dernier lors d'un conseil d’administration, la LFP prévoit de lancer dans les prochains jours un nouvel appel d’offres sur les lots récemment rendus par Mediapro, en espérant que Canal+ les récupère avec un prix de réserve qui sera fixé. Problème: Canal+ demande à la Ligue que son lot 3 (matchs de samedi 21h et dimanche 17h), sous-licencié par BeIn Sports, soit aussi inclus dans ce nouvel appel d’offres.

Pour la Ligue, il n’en est pas question car selon elle, chaque lot est indépendant et un diffuseur sans souci financier comme Canal qui détient un lot, a un engagement à respecter. Mais selon nos informations, il y a bien un lien insidieux entre les trois premiers lots - ceux rendus par Mediapro et celui de la chaîne cryptée.

La crise pourrait se durcir le 5 février

Au moment de l’appel d’offres initial de 2018, la LFP avait en effet fixé un prix de réserve intermédiaire sur ces trois premiers lots, un montant en-dessous duquel les droits ne pouvaient être vendus. Canal+ juge donc qu’ils doivent être tous les trois remis sur le marché, en prenant en compte la situation actuelle dégradée.

Ce blocage juridique est particulièrement ennuyeux car il survient dans un moment d’urgence pour la Ligue. Elle a obtenu l’assurance de Mediapro que la chaîne Téléfoot continuerait à diffuser le championnat jusqu’à la fin de saison s’il le faut. De quoi éloigner l’hypothèse d’un écran noir sur ses matchs. L’opérateur espagnol s’est même engagé à transférer l'ensemble de ses revenus à la Ligue, après déduction des coûts opérationnels, selon l’AFP. En revanche, le prochain versement de Canal+, qui ne supporte plus de voir le championnat diffusé gratuitement, est prévu pour le 5 février. Si la chaîne cryptée ne paie pas, comme Maxime Saada le sous-entend dans sa dernière interview au Figaro, la LFP se retrouverait dans une situation financière catastrophique.

Des revenus en moins, mais des prêts à rembourser

En octobre dernier, la Ligue avait contracté un prêt de 120 millions d’euros auprès de la banque américaine JP Morgan pour couvrir en partie le défaut de paiement du 5 octobre de Mediapro. Sans oublier le prêt garanti par l’Etat (PGE) de 224,5 millions souscrit après l’arrêt brutal de la saison 2019-2020. Excepté les revenus de Free (50 millions d’euros par saison pour diffuser les buts en quasi-direct), la Ligue et donc les clubs se retrouveraient sans ressource, dans l’incapacité de rembourser ces prêts.

Vincent Labrune, toujours à la manœuvre sur ce dossier qui se tend, s’est engagé à tenir informés régulièrement les présidents de club. Il a d’ailleurs, en l’absence de Nasser Al-Khelaïfi retenu à Doha, souhaité inviter Jean-Michel Aulas au conseil d'administration de jeudi, alors que le président lyonnais n’y siège pas habituellement. Le bureau de la LFP programmé ce mercredi a lui été annulé. Le président de la Ligue souhaiterait aussi se rapprocher rapidement du boss de la FFF Noël Le Graët pour le sonder sur ce sujet très épineux. Contactée par RMC Sport, la Ligue n’a pas donné suite.

LB et AR