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Des promus aux dents longues

Cédric Barbosa

Cédric Barbosa - -

Trois promus, trois destins ! Mais un seul objectif : le maintien. A l’heure de la reprise et des interrogations, chacun cultive ses différences et s’appuie sur son vécu pour réussir son pari.

Ajaccio mise sur la « Corse Attitude »

L’AC Ajaccio est-il en train de devenir l’Athletic Bilbao français ? En tout cas, le club présidé par Alain Orsoni a lancé depuis deux saisons une politique de « corsisation » de l’effectif. « Le but est de faire venir ou revenir des insulaires sous nos couleurs à qualité et mentalité égales que les joueurs hexagonaux », explique Olivier Pantaloni, l’entraineur. Plus petit budget de Ligue 1, le club acéiste mise sur la fibre identitaire. « On veut attirer des joueurs corses parce qu’ils aiment leur île, souligne Alain Orsoni. Et puis le public s’identifie à ces garçons. On peut rattraper notre manque de moyens financiers par ce moyen. » Objectif du mercato : passer de quatre titulaires régionaux possibles (Cillia, Lippini, Pierrazzi et Cavalli) à sept. « Ce recrutement local permet de raccourcir le temps d’adaptation, précise Pantaloni. Mais cela passe aussi par une amélioration de notre centre de formation des jeunes. » Six ans après avoir quitté la Ligue 1, Ajaccio est bien décidé à réussir son pari Corse.

Dijon, un ovni en Ligue 1

Pour la première fois de son histoire, le Dijon Football Côte d’Or va avoir l’honneur de fouler les pelouses de l’élite. Sept ans seulement après avoir acquis le statut Pro, le club bourguignon a connu une progression exponentielle. Et pour la digérer, les dirigeants ont dû mettre les bouchées doubles. Le Stade Gaston-Gérard est en reconstruction depuis la dernière journée de Ligue 2. L’enceinte va passer de 16000 à 22000 places. Avec une moyenne de 7457 spectateurs seulement mais le premier taux de remplissage de Ligue 2, Dijon a connu un vrai engouement la saison passée. « On est sur une montée en puissance progressive, souligne l’entraîneur Patrice Carteron. La Ligue 1 c’est magnifique pour les joueurs, le public et la région. On est dans une logique où on se dit qu’en montant en L1 on doit travailler efficacement. Nous serons opérationnels. » Le club entrainé par Rudi Garcia entre 2002 et 2007 a bien évolué. Sans Ribas, son meilleur attaquant l’année dernière, parti pour le Genoa, Patrice Carteron, qui a recruté le Boulonnais Grégory Thil, rêve déjà de maintien. Un rêve à sa portée, partagé par les 6000 fans qui ont déjà pris leur abonnement, record du club pulvérisé.

Evian-Thonon-Gaillard, entre mythes et réalité

Sacré champion de Ligue 2 en 2011, Evian-Thonon-Gaillard poursuit son irrésistible ascension en Ligue 1. Même si le premier club haut-savoyard à accéder à la L1 traîne une étiquette de « people », avec l’industriel Franck Riboud ou encore Boghossian, Lizarazu et Zidane comme actionnaires, l’objectif est clair : ce sera le maintien. « Aller en Ligue 1, c’est très difficile, admet Patrick Trottignon, le président. Il y a des clubs qui restent à la porte chaque année. Mais si Evian-Thonon-Gaillard va en Ligue 1, c’est surtout pour y rester. Il va donc falloir se donner les moyens d’y arriver malgré notre petit budget. » Le club haut-savoyard est à un tournant de son histoire pour son président « On a démarré cette belle aventure il y a peine trois ans, se rappelle Trottignon. Ça fait deux montées successives. On a envie de vivre des moments comme ça quand on est dirigeant. » Loin du strass et des paillettes…