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Deschamps : « Je ne m’attendais pas à un long fleuve tranquille »

L'entraîneur marseillais évoque la situation délicate de son club.

L'entraîneur marseillais évoque la situation délicate de son club. - -

Invité de Luis Attaque, l’entraîneur de l’OM est revenu en exclusivité sur la période difficile que traverse actuellement son équipe.

Vous attendiez-vous à vivre une période aussi délicate ?
Je suis positif, donc je ne me prépare pas aux défaites. C’était une semaine difficile avec trois défaites d’affilée. On est dans une période très dure au niveau des résultats. Elle arrive tôt mais cela fait aussi partie de la vie d’une équipe.

Cette mini-trêve arrive-t-elle au bon moment ?
Ça, on ne le sait toujours qu’après. Il y a toujours une interrogation, même après une bonne série. J’ai pas mal d’internationaux qui sont à droite et à gauche. Ce n’est pas l’idéal.

Allez-vous procéder à des changements dans votre équipe ?
On a eu une entame très laborieuse face à Monaco (1-2), comme ce fut le cas pour d’autres équipes disputant la Ligue des champions. Malheureusement, nous avons aussi perdu en Champions League (contre le Real Madrid 3-0). Et on avait perdu à Valenciennes une semaine avant (3-2). Nous avons eu une bonne réaction contre Monaco, même si on n’a pas réussi à revenir. On a eu des manques durant la première mi-temps. On s’est un peu trop exposé défensivement. On manquait d’équilibre.

L’OM a encaissé beaucoup de buts ces derniers jours...
On prend trop de buts. Lorsqu’on en encaisse autant, il faut en marquer encore plus. Ce n’est jamais évident. Ce n’est pas seulement la faute de la défense centrale. C’est un ensemble. On doit être plus performant quand on n’a pas le ballon et notamment dans la récupération.

Etes-vous déçu par certains joueurs ?
Non. J’ai une analyse qui est collective. Si le collectif ne fonctionne pas bien, c’est qu’il y a des joueurs qui sont en dessous de leur potentiel. Mais ça arrive. Je n’incrimine pas un joueur plus qu’un autre. C’est moi qui les ai choisis. J’ai confiance en eux. Je sais qu’on est capable de faire beaucoup mieux. Mais avec ces résultats négatifs, il y a eu une perte de confiance.

Vous assumez ce recrutement...
Oui, j’assume tout. Je voulais ces joueurs. Je suis certain de leur potentiel, même si certains ne l’ont peut-être pas encore exprimé totalement. Je n’ai pas de souci sur la qualité individuelle et collective de cette équipe.

Le schéma tactique est-il en cause ?
C’est le travail de chaque entraîneur. Mais c’est l’animation qui est importante. Les joueurs ont besoin de repères et de certitudes qui peuvent s’acquérir en répétant les matches.

Certains joueurs ne se sont pas adaptés ?
Marseille, c’est Marseille. C’est plus difficile qu’ailleurs. Il y a des exigences plus élevées. La fréquence des matches est importante. Nos adversaires ont une détermination qui est aussi élevée. En plus, il faut un peu de temps aux étrangers pour s’adapter au jeu, à la langue et à la culture. Malgré ces difficultés logiques, il y a le potentiel pour faire beaucoup mieux que ce que l’on fait actuellement.

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous avez adapté votre système de jeu à Lucho Gonzalez ?
Je ne fais pas un système pour Lucho. Je fais en sorte de mettre l’équipe la plus équilibrée. Je dois simplement trouver un équilibre quand on a le ballon et quand on ne l’a pas. Mon souci, ce n’est pas Lucho Gonzalez. D’ailleurs, je ne suis pas inquiet pour lui. Il est capable de beaucoup mieux. Il a besoin de répéter les matches pour trouver le rythme.

Comment expliquer les difficultés des recrues marseillaises ?
Quand on change, c’est toujours compliqué. Si on prend du franco-français, on a moins de difficultés car les joueurs connaissent déjà la Ligue 1. A Marseille, il y a une pression qui est très présente. Je le sais pour l’avoir vécue comme joueur. Ce n’est pas évident. Le ballon peut vite se transformer en patate chaude qui brûle les pieds. Je ne m’attendais pas un long fleuve tranquille. Ce n’est pas sur le papier qu’on fait une super équipe. On a des choses à régler.

Comment résoudre ces problèmes ?
Dans les moments difficiles, on a tendance à tout remettre en cause. Mais avec mon expérience de joueur et d’entraîneur, je sais qu’il faut faire le dos rond. On doit se retrousser les manches, aller à l’essentiel et sortir le plus vite possible de cette période difficile.

Comment expliquez-vous votre choix de faire jouer Souleymane Diawara à Madrid quelques heures après sa garde à vue à Marseille pour conduite sans permis ?
Il a eu quelques soucis. Je sais que sais que ça le perturbe. Mais j’ai confiance en lui. Ce n’est pas ce qui lui est arrivé avant le match qui lui a fait faire l’erreur sur le premier but et qui est à l’origine de son expulsion que l’on peut d’ailleurs discuter. A lui de faire en sorte d’éviter ces problèmes extra-sportifs. Il a le potentiel. Mais Marseille, c’est plus compliqué.

La rédaction-Luis Attaque