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Di Méco : « Nous étions programmés pour gagner »

Défenseur de l’Olympique de Marseille au début lors des années 90, Eric Di Meco a vécu les OM – PSG les plus chauds du championnat de France. Entretien avec un marseillais pur et dur.

Eric Di Méco, ce match entre l’OM et le PSG est toujours un moment particulier dans une saison…
Oui c’est la date que l’on coche dès le début de la saison dans le calendrier. Et même si ces deux équipes ont eu beaucoup de mal cette saison et même si la rivalité est peut être un petit moindre qu’il y a quelques années, pour les supporters c’est toujours le match de l’année. Et encore plus cette année vu la série qui vient de faire l’Olympique de Marseille. Ce match est doublement important à la fois pour leur progression mais également pour cette fameuse rivalité qu’il y a avec le Paris Saint-Germain.

Pour vous qui êtes à Marseille, ce match est-il déjà dans toutes les têtes (entretien réalisé mardi) ?
On parle déjà plus du match contre le PSG que celui en Coupe d’Europe (contre le Spartak Moscou en UEFA : ndlr). Même si ce match est important pour l’avenir européen de l’OM tous les regards sont déjà tournés vers la rencontre de dimanche. Car même en réalisant une belle saison, si on n’arrive pas à battre le PSG chez nous, c’est toujours un petit accroc qui laisse des traces. C’est pour ça que ce match est très attendu par les supporters.

Quels sont vos souvenirs de rencontres entre l’OM et le PSG dans les années 90 ?
C’était très tendu. Le boss nous mettait énormément de pression avant ces matches là. Et même si j’avais des copains en face, on ne se regardait pas et on ne se serrait pas la main dans le tunnel. Et puis on se filait des coups. C’était physique, un petit peu à la limite. Mais nous étions programmés pour gagner ce match donc on dépassait souvent les bornes. Aujourd’hui, c’est vrai que je ne me retourne pas sur ces matches là avec beaucoup de fierté.

Vous avez toujours aujourd’hui cette image du défenseur très dur sur l’homme. Est-ce que vous en souffrez aujourd’hui ?
Non parce lorsqu’on est joueur et qu’on a cette réputation là, il y a d’autres matches où ca sert et on passe des soirées tranquilles parce que l’attaquant a un petit peu peur. Mais après coup, lorsqu’on ne se souvient que de ça, c’est un petit peu dommage surtout quand on a fait une longue carrière avec beaucoup de titres. Mais c’était un match assez particulier pour moi car j’étais le seul joueur formé au club pour qui cette rencontre là était plus importante que mes coéquipiers. La plupart du temps, les joueurs venaient un ou deux ans et repartaient ensuite donc c’était un match comme les autres. Pour moi, c’était une question de fierté marseillaise. Surtout qu’à l’époque, je vivais en ville donc il ne se passait pas un jour sans que les supporters ne me parlent de ce match. Je me sentais en quelques sortes investie d’une mission suprême et c’est pour cela que j’étais parfois un peu à la limite.

Quelle est la rencontre OM-PSG qui vous a le plus marqué durant votre carrière ?
Je vais dire le match qui a suivi la finale de la Ligue des Champions quand Basile Boli met sa tête des 18 mètres. On était à la rue physiquement, ils avaient marqué dès le début du match et finalement tout s’est joué sur le mental et l’amour propre. On s’est vraiment dépassés pour le gagner et ça avait donné un match merveilleux. En deuxième, je dirais le match de 1989 lorsque Franck Sauzée marque une frappe de loin à Joël Bats. C’était notre premier titre à l’époque.

Enfin, un pronostic pour le match de dimanche ?
Objectivement, je vois les marseillais gagner de part leur dynamique du moment, de part leurs dernières prestations mais également de part la qualité de leur jeu. Je pense qu’ils sont supérieurs au PSG en ce moment, même si il y a deux mois, ce n’était pas le cas. Je pense également que l’avantage du Stade Vélodrome fera la différence. Je vois donc une victoire de l’OM 2-0.

La rédaction