RMC Sport

Diawara : « Pas envie d’aller me reposer au Qatar… »

Souleymane Diawara

Souleymane Diawara - -

Souleymane Diawara s’est longuement confié à RMC Sport sur son changement de mode de vie devenu plus posé depuis qu’il est amoureux… et bricoleur ! A 34 ans, le Marseillais avoue avoir plus faim que jamais et se voit bien finir sa carrière à l’OM.

Ses ambitions à la hausse avec l’OM

« On est capables du meilleur comme du pire. Depuis le début de la saison, on a montré de très belles choses mais aussi quelques lacunes. Quand on baisse un peu le niveau, on voit qu’on peut perdre contre n’importe qui. Si on garde l’état d’esprit qu’on affichait durant la première partie de saison, on peut faire quelque chose d’énorme. Avec les nouvelles recrues, on peut jouer sur les deux tableaux, chose qui était presqu’inespérée en début de saison. On peut faire quelque chose en Coupe de France. On a pour objectif de finir dans les cinq premiers. Si on a la chance de l’atteindre rapidement, on pourra le revoir à la hausse. Il faut continuer à bosser et ne pas avoir la grosse tête. »

Un classement inespéré

« Personne ne nous attendait là. L’OM, c’est le plus grand club de France. Tu ne peux pas annoncer que tu joues le maintien, sinon tu ne viens pas à l’OM. Le club a connu quelques soucis financiers. On n’avait pas la chance d’avoir un effectif comme le PSG, Lyon ou Lille qui ont tous recruté. On a vendu des joueurs importants. C’était difficile de dire qu’on jouait le titre. Personne ne pensait qu’au mois de janvier, on allait être dans les trois premiers. On va essayer d’y rester le plus longtemps possible. »

Un trentenaire en pleine forme

« Depuis que j’ai commencé le foot, j’ai toujours entendu parler de ça. C’est à mon tour ! Il n’y a pas de problème. En France, on parle beaucoup de l’âge (il a aujourd’hui 34 ans, ndlr). Il faut montrer sur le terrain que ça ne veut rien dire. Par rapport en Italie, en Espagne ou en Angleterre, l’âge n’est pas un problème quand on voit que des joueurs comme Zanetti (39 ans) ou Buffon (35 ans) jouent encore. Je me sens bien. Je récupère pareil, je dirais même que je suis moins fatigué. Peut-être aussi parce que j’étais en manque de compétition pendant sept mois. Quand tu as envie de jouer, la fatigue te passe au-dessus. Je me sens super bien, je ne suis pas fatigué. Je dors bien et je mange bien comme quand j’avais 20 ans. »

Quel avenir ?

« Dans ma tête, je pense finir ma carrière à l’OM. Dans le foot, ça va très vite. Je suis vraiment bien ici, je m’entends bien avec tout le monde, les dirigeants, les staffs médical et technique, les membres du bâtiment. C’est comme une famille. Mais on ne sait jamais ce qu’il peut se passer dans le foot. Après l’année du titre, il y a eu quelques contacts mais pour moi, il était hors de question d’aller dans les clubs au Qatar. J’avais besoin de trophées, de vivre de ma passion et de jouer dans des stades pleins. Je ne me voyais pas aller au Qatar maintenant où tu joues devant 100 personnes. J’aime le foot, je pratique le plus beau métier du monde. J’ai encore envie de cette pression. Je n’ai pas envie d’aller me « reposer » au Qatar où le championnat est beaucoup plus faible. J’ai envie de montrer que je suis encore présent, de gagner des titres et faire vibrer le stade Vélodrome et la ville de Marseille. »

Son statut et la concurrence

« Je la vis bien. Je préfèrerais jouer mais j’ai été blessé. Ils ont recruté un joueur (Lucas Mendes) qui a fait des bons matches quand j’étais blessé. C’est à moi de faire beaucoup plus pour récupérer une place de titulaire, je travaillerai encore plus. Les absents ont toujours tort. Je ne suis pas irremplaçable. Même si je n’ai pas encore retrouvé mon meilleur niveau, ça progresse de jour en jour. »

Les feux de l’amour

« Cupidon m’a attrapé. Je prends de l’âge et de l’expérience, je suis plus posé. J’ai rencontré une bonne personne avec qui je m’entends super bien. Avant ça, j’avais une vie « agitée ». Après les matches, j’aimais bien profiter de mes amis et sortir un peu. Je ne mangeais pas correctement. Peut-être qu’aussi, j’avais besoin de ça et que si je n’avais pas fait ça, je n’aurais pas eu cette carrière. J’étais célibataire, je n’avais pas de compte à rendre, je rentrais à l’heure que je voulais, je faisais ce que je voulais. Maintenant, le fait d’être posé, ça me convient. Mais il ne faut pas croire que je reste à la maison. Je profite. Ça m’arrive encore de sortir. Mais, je fais les choses à deux. On fait des balades, on visite Marseille. Il y a des choses que je ne connaissais pas. Ce n’est pas du romantisme, je m’ouvre plus. »

Appelez-le… Monsieur Bricolage !

« Avant, c’était maison-PlayStation- mes potes. Je me suis mis au bricolage, que je ne connaissais pas. J’ai trouvé une nouvelle passion ! Récemment, j’ai monté un bon meuble dans ma salle de bain, j’ai installé un meuble TV dans mon salon. Il ne me restait même pas de pièce. J’ai tout mis, ça s’est passé nickel ! Avant, je ne me prenais pas la tête, j’appelais quelqu’un pour faire ça. »

Propos recueillis par Florent Germain