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Diouf : « Le titre, cette année ou l’an prochain »

Pape Diouf revient sur l'emprisonnement de Santos Mirassierra

Pape Diouf revient sur l'emprisonnement de Santos Mirassierra - -

Le président de l’OM effectue un tour d’horizon de l’actualité du club : l’affaire du supporter Mirassiera, Ben Arfa et le mercato, la course au titre…

Pape Diouf, cela fait maintenant plus d’un mois que Santos Mirassiera, supporter de l’OM, est détenu en Espagne. Que fait concrètement le club pour le tirer de ce mauvais pas ?
Il y a un lien organique entre nos supporters et nous-mêmes, de la confiance et de la considération. Ils ont été martyrisés avec ce drame de la route qui a coûté la vie à deux d’entre eux cet été. Et voilà qu’à Madrid ils ont été l’objet d’une attaque lâche, sauvage et sans raison de la police madrilène. Les choses ont assez duré. Le rôle de l’OM est de soutenir Santos, d’alerter toutes les autorités susceptibles de le faire sortir de prison. D’autant que les autorités espagnoles, à commencer par le Premier ministre, n’ont pas manqué d’apporter leur soutien à l’Atletico. Nous allons continuer à nous battre pour sortir au plus vite de ce scandale.

Ca promet pour la venue de l’Atletico dans moins d’un mois au Vélodrome…
Et ce sera la faute à qui ? En tout cas pas la notre. Il n’y aura pas à Marseille des sauvages désireux de tendre un guet-apens. Nous veillerons à ce que les choses soient apaisées d’ici-là, même si nous ne pourrons pas contrôler tous les débordements possibles. Nous comptons sur le bon sens des Espagnols pour que la situation soit résolue au plus vite.

Pour revenir au sportif, quel bilan tirer de cette première partie de saison ?
On ne peut pas dire que tout va bien. Notre bilan chiffré est inférieur à ce que avons vécu et vu. Il y a des matches qu’on aurait dû gagner, à Bordeaux, au Mans ou à Nantes. Si l’on considère en plus le non-match à Eindhoven, on peut dire qu’on peut nettement mieux faire. Ce soir-là, on n’a pas répondu à l’impact de la Ligue des champions. Et là, il y a matière à être déçu.

L’OM brille en attaque mais pêche en défense. Le mercato approche. Avez-vous déjà ciblé vos priorités ?
Il est trop tôt. Si notre défense est à l’index, elle n’est pas la plus mauvaise. Depuis quelques matches, nous prenons moins de buts. Et à un moment donné, c’était l’attaque qui était visée. Ce ne sont pas les observateurs qui gèrent les finances. José Anigo, Eric Gerets et moi-même prendrons les décisions ensemble, avec le droit au dernier mot dont je dispose.

Malgré quelques soubresauts, Hatem Ben Arfa semble s’épanouir à l’OM…
C’est l’un des rares joueurs qui possèdent un talent confinant parfois au génie. Alors c’est sûr, on nous rappellera son caractère à chaque petite incartade. Mais que tout le monde se rassure : quand nous sommes allés le chercher, nous savions parfaitement ce que nous faisions. On ne va pas se mettre à pleurnicher au moindre petit incident. Nous avons confiance en ce garçon.

Quelle est sa marge de progression ?
On n’a encore rien vu avec Ben Arfa. Il a une technique et une rapidité surprenantes. Il crée du jeu, il est adroit. C’est un garçon hors du commun, un talent rare.

A tel point que des grands clubs comme le Real s’intéressent de près à lui…
Je n’ai pas eu de contact direct avec le Real Madrid. Nous ne sommes pas allés chercher ce joueur-là pour le céder dès qu’un demandeur se présente. Nous aussi avons des ambitions. Nous voulons qu’un tel talent profite à notre équipe et au public de Marseille.

Et pourtant, ni lui, ni Cheyrou, ni aucun autre joueur de champ de l’OM ne figure parmi les joueurs retenus cette semaine en équipe de France…
Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Cela permettra à nos garçons de respirer (sourire). Plus sérieusement, Raymond a une politique et il l’applique. Mais à terme, il est impensable que l’équipe de France se prive d’un talent comme Ben Arfa.

Qu’en est-il de la belle histoire d’amour entre Eric Gerets et l’OM ?
C’est moi qui suis allé le chercher quand beaucoup de gens s’interrogeaient sur lui. Qu’on me sache gré de ce choix aujourd’hui. Gerets, c’était le choix d’un homme. Sinon, j’aurais pris un Français. Il a totalement répondu à l’attente. Lui et moi nous sommes déjà parlés de l’avenir.

Quand de prestigieux anciens comme Drogba, Ribéry ou Van Buyten ne ferment pas la porte à un retour au club, c’est juste sympathique ou doit-on le prendre en compte ?
Ca me fait plaisir parce que c’est très sympathique. Mais tenons compte des réalités économiques et financières. Parler de Drogba ou de Ribéry, c’est comme parler de Ronaldo ou de Messi…

Cela fait quinze ans que l’OM n’a pas remporté de titre. L’heure a-t-elle enfin sonné ? Le titre de champion est-il accessible ?
Côté cœur, j’ai tendance à y croire pleinement. Côté raison, Lyon a l’expérience et une supériorité qui ne se dément pas. L’OL reste le favori numéro un. Bordeaux est très compétitif et ne cache pas ses ambitions. Oui, on pense au titre, oui, on le veut ! Mais on n’est pas aveugle pour autant. Si cette année, il est possible et raisonnable de l’envisager, je souhaite que l’an prochain, cela devienne quasiment une probabilité.

La rédaction - Le 10 Sport