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Disasi, un roc sur le rocher

Arrivé de Reims pour 13 millions d’euros, Axel Disasi représente la principale recrue de l’AS Monaco. Dimanche (13h), il disputera son premier match de Ligue 1 avec le club de la Principauté… face à ses anciens coéquipiers.

Vendredi, comme à son habitude, l’air est chaud à Monaco. Dans la salle de presse du Stade Louis II, les caméras sont limitées, protocole Covid oblige. Assise au milieu d’Oleg Petrov, vice-président de l’AS Monaco et de Paul Mitchell, directeur sportif du club, une grande carcasse d’un mètre quatre-vingt-dix. Chemise blanche sur le dos, masque à la diagonale à portée de main et sourire effacé, Axel Disasi, est présenté officiellement devant les médias.

"Un gros nounours à dégrossir"

Il y a moins d’un mois, le défenseur central préparait la nouvelle saison avec ses coéquipiers rémois. Ce dimanche, il les affrontera. "Ce sera bizarre de jouer face à ses anciens collègues", avoue l’ex-international français U20. La saison dernière, avec Yunis Abdelhamid, Axel Disasi (27 matchs, 1 but) formait une des meilleures charnières de Ligue 1. Avec 21 buts encaissés en 28 rencontres, le Stade de Reims avait la meilleure défense au moment de l’interruption du championnat, tout sauf une coïncidence. "On avait une doublette complémentaire avec un jeune et un ancien, la coordination entre les deux était parfaite", explique David Guion, l’entraineur champenois.

Formé au Paris FC puis arrivé à Reims en 2016, le défenseur central s’est montré patient avant de montrer ses qualités au plus haut niveau. "Je n’ai pas été surpris de son éclosion", se souvient son ex-coach. "Dès sa première année, je le fait jouer le match d’ouverture face à Nîmes et il marque le but de la victoire. On lui a fait comprendre qu’il faisait partie du projet. Il a beaucoup travaillé, c’est son grand mérite car il avait de la concurrence. Quand il est arrivé, c’était un gros nounours qu’il fallait dégrossir. Quand on voit son physique, on se dit qu’il aura du mal à jouer avec ses pieds mais c’est un bon relanceur."

Une qualité que reconnait le défenseur lui-même, une parmi d’autres: "J’essaie de relancer propre. Je suis aussi à l’aise dans le jeu aérien, sur l’anticipation. J’espère amener ma force défensive ici." Tout du "défenseur moderne" selon le directeur sportif Paul Mitchell qui l’avait dans le viseur avant même de débarquer sur le Rocher. "Alex était sur les radars du club et des miens. On a envie qu’il continue sa progression avec le travail qu’il fait chaque jour aux entraînements."

Une faim d’Europe

Pour recruter le natif de Gonesse (Val d’Oise), l’AS Monaco a dû débourser 13 millions d’euros (plus deux en bonus), la plus grosse vente de l’histoire de Stade de Reims. En quittant le Grand Est, Axel Disasi s’est privé d’une participation à la Ligue Europa dont les Champenois disputeront le deuxième tour préliminaire mais compte bien la disputer prochainement. "J’ai choisi Monaco car c’est un projet ambitieux et de l’ambition j’en ai! Jouer l’Europe en fait partie. A moi de bosser dur pour qu’avec Monaco, nous retrouvions rapidement l’Europe." Et cela commence dès la première journée. Pour débuter la saison et, lui aussi, connaître son premier match officiel avec le club princier, Nico Kovac, l’ex-tacticien bavarois, devrait aligner sa nouvelle recrue dont il vante les mérites. "Axel est prêt, ce sera un match à émotion pour lui car il y a dix jours il s’entraînait encore avec Reims. C’est un joueur doté d’un gros potentiel. Malgré sa jeunesse, il évolue avec les plus âgés lors des oppositions jeunes contre plus expérimentés. C’est un joueur qui a beaucoup de talent, il est fort physiquement, rapide et c’est important pour presser haut. Il a été acheté pour protéger notre défense et notre but. Il est très intelligent et va progresser au fur et à mesure, on espère qu’il va continuer à passer des paliers."

 A commencer par se faire sa place dans la défense monégasque, ce dont ne doute pas David Guion. "Il a la qualité pour s’imposer, il aura de la concurrence avec des profils de joueurs taillés pour la Coupe d’Europe mais je suis sûr d’une chose, qu’il ne lâchera pas le morceau." S’il pouvait toutefois lâcher du lest face à ses ex-coéquipiers, cela arrangerait bien l’entraîneur rémois.

Clément Brossard