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Dix choses à savoir sur Marcelo Bielsa

Marcelo Bielsa

Marcelo Bielsa - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Marcelo Bielsa possède un des CV les plus fournis du football mondial. Tacticien hors pair pour les uns, fou pour les autres, assurément un peu des deux, l’Argentin, pressenti pour coacher l’OM, est un personnage atypique. La preuve.

1. Il a entraîné Tata Martino. Lors de sa première saison en tant que coach, aux Newell’s Old Boys (1990-1991), il décroche le titre de champion avec l’actuel entraîneur du Barça comme milieu de terrain.

2. Perfectionniste et éternel insatisfait, Bielsa propose à ses joueurs des entraînements à rallonge, avec par exemple plus de 200 centres à destination du même joueur. « A l'entraînement, on va faire 220 centres sur un joueur avec cette idée que le ballon et le joueur arrivent à une vitesse maximale et se rencontrent à un point donné, explique-t-il. C'est comme ça qu'on met des buts sur coups de pied arrêtés. Sur les 220, cinq seulement vont arriver à destination, mais j'oblige le joueur à tous aller les prendre. Parce qu'une opportunité, c'est un but. Et un but, c'est la vie pour nous. Si le type ne va pas sur l'un des 220 centres que je lui fais, je le tue. Je dois lui faire sentir que c'est comme s'il avait violé une femme. Parce que ce ballon qu'il n’est pas allé chercher nous a enlevé notre argent, notre victoire, notre gloire et notre vie. »

3. Lors de son passage à l’Athletic Bilbao, il a eu une altercation avec le responsable des travaux de rénovation du centre d’entraînement car il était ulcéré par le retard pris sur le chantier. « Il s'agissait d'une escroquerie, d'un vol et d'une tromperie », a-t-il clamé. Il a ensuite posé sa démission, mais a finalement poursuivi son aventure basque une saison de plus.

4. Le stade des Newell’s Old Boys (Rosario, 39 000 places), son club de cœur, porte son nom.

5. Rafael, son grand-frère, a été le ministre des Affaires étrangères argentin entre 2003 et 2005. Il a désormais en charge 33 aéroports dans le pays. Sa sœur, Maria Eugenia, a elle aussi eu des responsabilités politiques dans la province de Santa Fe.

6. Avant de devenir un entraîneur reconnu, Bielsa a suivi des études en parallèle de sa carrière de joueur, stoppée dès 25 ans. Il est ensuite devenu professeur de sport pendant quelques années.

7. Il coupe ses joueurs du monde extérieur. Les mises au vert de Marcelo Bielsa sont tout sauf une partie de plaisir. Lorsqu’il entraînait les Newell’s Old Boys, il avait ainsi emmené ses joueurs dans une base militaire qui ne comptait qu’un seul téléphone afin que son équipe soit dans une bulle. Et Bielsa a été le premier à montrer l’exemple. « Ma femme est enceinte et il y a des complications. Je lui ai dit d’appeler ses parents au cas où il y aurait un problème, a-t-il lancé à ses joueurs. Vous ne pourrez utiliser le téléphone que si vous en avez besoin pour une situation plus extrême que celle-là. »

8. Guardiola s’en inspire. La première saison de Bielsa à la tête de l’Athletic Bilbao n’a pas séduit que les supporters basques. Pep Guardiola, alors coach du Barça, a été bluffé par la façon dont le technicien argentin a fait progresser son équipe. « Je l'admire énormément, a avoué Guardiola. J'essaye d'apprendre de lui. Bielsa peut diriger n'importe quelle équipe au monde et je suis sûr qu'il la rendrait meilleure. »

9. En 2002, il a fait gagner… le Brésil ! Prétendante à la victoire lors du Mondial 2002, l’Argentine se fait sortir dès le 1er tour (une victoire, un nul et une défaite) malgré une équipe composée de joueurs de grande classe (Batistuta, Veron, Ayala, Crespo, Zanetti, Ortega, Aimar…). Les Brésiliens, eux, remportent le 5e Mondial de leur histoire et Luiz Felipe Scolari avoue après le sacre : « J’ai copié Bielsa. Nous avons joué comme l’Argentine. J’ai regardé beaucoup de leurs matchs durant les éliminatoires et j’ai décidé de changer mon système pour le Mondial. »

10. Cet échec de 2002 va marquer durablement « El Loco ». Une fois rentré en Argentine, il décide de se retrancher plusieurs mois dans sa maison de Rosario, passant la majeure partie de son temps à lire. « Quoi que j’accomplisse dans le futur, rien ne pourra faire disparaître cette tristesse », déclare-t-il à l’époque.

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Alexandre Alain