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Droits TV: Tebas appelle la LFP à "renégocier de bonne foi" avec Mediapro

Patron de la Ligue espagnole, Javier Tebas s'est exprimé sur le conflit LFP-Mediapro qui agite le football français. Il explique comprendre la position du groupe sino-espagnol et encourage la LFP à "renégocier de bonne foi" le contrat des droits TV, quitte à accepter "des rabais importants".

Il a décidé de se mêler de l'affaire qui tourmente le football français. Dans un entretien accordé à l'AFP, Javier Tebas, le président de la Ligue espagnole (LaLiga), a donné son avis sur le bras de fer qui oppose Mediapro à la Ligue de football professionnel (LFP) concernant les droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2. "La Ligue française devait s'attendre à ce qu'un média détenteur de droits renégocie son contrat. Il faut renégocier ce contrat. Nous, en Espagne, nous l'avons renégocié, et avec des rabais importants. Si Mediapro a acquis un produit et qu'il ne peut pas l'exploiter correctement, avec par exemple la fermeture des bars qui diffusent du foot, il faut s'asseoir pour renégocier de bonne foi. Et cela suppose un rabais très important, donc je crois qu'ils ne doivent pas se montrer étonnés", a-t-il déclaré mercredi.

"Nous avons aussi dû négocier"

Selon lui, "ceux qui pensent qu'ils n'auront pas à s'asseoir pour renégocier avec leurs opérateurs TV sont hors de la réalité". "Il faut penser que Mediapro, mais aussi Canal+, etc., quand ils ont acquis ces droits, il n'y avait pas de pandémie. Quand Mediapro a décidé de mettre cet argent, personne ne savait qu'il y aurait une pandémie, que les bars allaient fermer, que le championnat français allait commencer plus tard... Ce ne sont pas les mêmes conditions, donc c'est normal (de renégocier). Nous avons aussi dû négocier avec de nombreux opérateurs", a-t-il insisté.

Le patron de Mediapro, Jaume Roures, a indiqué mercredi en conférence de presse qu'il souhaitait "voir avec la Ligue (française) comment s'adapter à cette situation, sans remettre en cause l'engagement qu'on avait pris en avril 2018", via une conciliation qui pourra durer plusieurs mois. "On a un chiffre d'affaires de presque deux milliards. Le contrat est là pour durer, nous avons cette volonté. La seule chose qu'on a demandée, c'est d'adapter les choses pour cette saison", a-t-il martelé.

"Le produit n'est plus le même"

Selon Tebas, cette position n'est pas usurpée. "Le football français est très sous-estimé. Il faut prendre en compte le taux de pénétration de la télévision payante en France, les abonnés dont dispose la plateforme payante, le salaire du pays... Le championnat de France était correctement estimé quand ces négociations ont eu lieu. Mais le problème, c'est que désormais, le produit n'est plus le même que lors de ces négociations", a-t-il appuyé.

En Espagne, Mediapro gère la production des matchs de Liga et de Ligue des champions pour les diffuseurs, bien que les droits soient détenus par Telefonica jusqu'en 2022 (pour 980 millions d'euros par saison initialement), celui-ci sous-traitant donc la réalisation à Mediapro.

RR avec AFP