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Dupraz : "Je ne peux pas plaire à tout le monde"

Pascal Dupraz

Pascal Dupraz - AFP

Invité de Larqué Foot sur RMC, Pascal Dupraz est revenu sur le maintien héroïque arraché par Toulouse ce samedi. Le coach du TFC est revenu sur les clés de cette réussite et assume sa personnalité entière.

Un maintien héroïque

« C’est une immense fierté. Quand on revient de nulle part comme les garçons l’ont fait de façon constante dès lors que j’ai été nommé entraîneur, il faut presque se pincer pour y croire. Mais ça faisait longtemps qu’on y croyait. Personnellement ça faisait dix matchs que j’y croyais. Dès le premier résultat (1-1 à Marseille, le 6 mars, ndlr), même si je n’étais pas sur le banc, on a déjà senti que l’équipe avait repris du peps et était plus difficile à bouger qu’auparavant. J’ai toujours gardé les pieds sur terre. J’étais dans ma bulle, certes, car j’y croyais fortement. Ce qui m’a beaucoup impressionné, c’est que très vite les joueurs ont adhéré à ce que je leur proposais, à savoir ce côté un peu imaginaire. J’ai surfé sur cette adhésion totale des joueurs. Ce qui aujourd’hui est remarquable, c’est que ces joueurs n’ont rien volé à personne car tous les résultats qu’ils ont obtenus, ils les ont eus grâce à la qualité de leur production. »

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Une revanche par rapport à l’ETG ?

« Non, ce ne sont pas les mêmes contextes. Je suis fier de ce que j’ai accompli à l’ETG, ex-Croix-de-Savoie et ex-FC Gaillard. J’ai commencé à entraîner ce club en 1991 en Division d’Honneur. Ensuite c’est un investissement plus que personnel puisque ma famille et mon regretté père se sont investis. Ce sont toujours les hommes qui font et qui défont, cela a été le cas pour ce club. Aujourd’hui je suis malheureux de sa situation. Je pense que le club va déposer le bilan, je le pressens. Je voudrais moi-même tourner la page. Quand je me suis fait virer, alors ça existe car c’est le lot de notre métier, mais pas de cette manière-là, je ne l’ai pas accepté. Quand on se fait virer pour voir ce que l’on fait aujourd’hui de ce club, où on ne songe qu’à vendre des gamins de 16 ans pour éponger les dettes, c’est proprement scandaleux. »

Les clés de la réussite

« Tout le monde me connaît pour mes qualités de meneur d’hommes. Je pense savoir manager une équipe de football. Il se trouve que jusqu’alors j’avais des équipes qui étaient dans la difficulté, qui ne jouaient que le maintien. J’en ai tiré le meilleur parti, je crois. J’ai fait aussi des erreurs. Si l’année dernière nous sommes descendus en Ligue 2, j’ai bien sûr ma part de responsabilité. Mais à l’ETG, plus on restait en L1, moins les budgets étaient conséquents. C’est le seul club à avoir procédé ainsi. Ce que j’ai apprécié à Toulouse, c’est déjà la qualité de l’effectif. Les garçons étaient perdus, en déficit de confiance, je leur ai tout de suite dit qu’il y avait une possibilité d’être en quelque sorte des héros. Dans un premier temps, on s’est attaché à fixer un cadre très strict, de telle sorte que chacun se reconnaisse dans ce cadre, et puis on est très vite passé au travail. Et puis il y a eu le résultat que l’on connaît, avec des garçons comme Ben Yedder qui sont éclatés et qui a marqué huit buts lors des dix derniers matchs. Ce sont les joueurs qui ont réussi cet exploit. »

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De nombreuses critiques

« Ce qui se passe en France, c’est que bien souvent les gens sont jaloux dès lors qu’ils ont en face d’eux des gens qui s’expriment. Je m’exprime en essayant de donner du sens à ce que je dis. Il y a tellement de personnes qui manquent de jugeote, pour ne pas dire d’intelligence ou d’instruction. Ils ont beau jeu d’en permanence critiquer ou disséquer alors que leurs résultats en sont pas terribles ces dernières années. J’ai foi en l’humain parce que je suis moi-même quelqu’un de très positif. Je ne peux pas plaire à tout le monde car j’ai un style et un punch qui ne plaisent pas à tous, mais la chance que j’ai, c’est que mes amis me reconnaissent dans mon habit d’entraîneur de football et dans la vie de tous les jours. Je suis le même et je suis fier de ça. Je pense être un bon technicien, même si c’est difficile de parler de soi. Ce qui compte, c’est de le démontrer. »

Son avenir au TFC

« Les choses sont simples et claires. J’ai signé deux ans supplémentaires. Et je crois, je n’en suis pas sûr car je n’ai pas eu le temps de lire mon contrat, qu’une troisième année est assurée car nous sommes maintenus. J’attends de voir le président Sadran pour qu’on convienne des objectifs de la saison prochaine. Mais d’emblée, je peux vous dire que l’équipe a redonné le moral à tout le monde. Le TFC a failli être relégué deux années consécutivement, tout le monde a conscience qu’il faut changer les choses et certainement que ma venue s’inscrit dans cette logique. L’objectif est de construire une équipe pour être compétitifs et qu’on confirme ce qu’il s’est passé ces dix derniers matchs. Pourquoi ne pas jouer le haut de tableau avec Toulouse ? Ce que fait Nice ou qu’ont fait Angers ou Caen, je suis certain que les Toulousains peuvent le réussir. »