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ONU, PMU, Mourinho... Six choses que vous ne savez pas sur Pascal Dupraz

Pascal Dupraz

Pascal Dupraz - AFP

Pascal Dupraz sera l’invité de Larqué Foot ce mardi sur RMC. L’occasion de découvrir six anecdotes assez méconnues sur l’entraîneur de Toulouse. De l’ONU au PMU, en passant par José Mourinho et les chants corses.

Il a travaillé 20 ans pour l’ONU

A la fin de sa carrière de joueur professionnel, en 1991, Pascal Dupraz est sollicité par le FC Gaillard, un modeste club de la banlieue d’Annemasse, sa ville natale. L’équipe amateur (qui deviendra le Football Croix-de-Savoie 74, puis l’Evian-Thonon-Gaillard) propose à l’ancien attaquant de Gueugnon, Toulon et Brest de venir renforcer son effectif. Dupraz accepte mais à une condition : il veut un poste au siège européen de l’ONU, à Genève. Maryan Baquerot, co-président de Gaillard et directeur des ressources humaines aux Nations Unies, se charge de le faire entrer au Palais des Nations. Dupraz y débute comme agent d’entretien au Haut-Commissariat pour les réfugiés. Il trie le courrier et change les ampoules. Avant de filer à l’entraînement le soir. Deux ans plus tard, il est nommé entraîneur-joueur à Gaillard et prend du galon à l’ONU, où il finit par se retrouver à la tête d’un service gérant le matériel informatique. Avec une quarantaine de personnes sous ses ordres. L’expérience lui permet d’apprendre l’anglais, qu’il maîtrise aujourd’hui parfaitement. Dupraz conservera cette double casquette jusqu’à la montée de son club en National en 2004.

Revivez en vidéo la causerie poignante de Dupraz à Angers

Il a scié une chaise pour impressionner ses joueurs

L’anecdote date du début des années 2000. Le FC Gaillard évolue alors en CFA2. Pascal Dupraz vient de ranger ses crampons pour se consacrer exclusivement à sa fonction d’entraîneur. Avant une rencontre de championnat, le Savoyard prépare un discours musclé pour motiver ses troupes. Et pour bien faire passer son message, il imagine une petite mise en scène. Alors que ses joueurs ne sont pas encore arrivés, Dupraz se rend discrètement dans le vestiaire avec une scie et découpe en partie le pied d’une chaise. Quelques heures plus tard, lors de son speech mobilisateur, il feint de s’emporter et frappe la chaise endommagée contre une table. Le pied se décroche, comme prévu, sous le regard choqué de son équipe. De quoi capter l’attention et transcender tout le monde. A la Dupraz.

Il est passionné par les courses de chevaux

C’est son autre grande passion après le football. Pascal Dupraz est un fan de courses hippiques. Un vrai. Avec Jean-Marc, surnommé « Del », l’un de ses meilleurs amis, il va régulièrement au PMU pour parier. Presque tous les jours. Mais avant de cocher ses numéros, l’entraîneur de 53 ans étudie tout dans les moindres détails. Le terrain, la météo, la forme du cheval, l’expérience du driver. « Il adore la relation qu’un jockey peut construire avec son cheval, comment le mec arrive à le faire avancer. Ça le fascine », témoigne son fils Julian. En 1989, il a même acquis un cheval de course baptisé Uri Bello. Dès que son emploi du temps le lui permet, Dupraz se rend également à l’hippodrome. En début d’année, il est venu à Vincennes. En attendant de découvrir celui de Toulouse dans les prochains mois. 

Il prend le métro à Toulouse

Pascal Dupraz est un homme simple, que la célébrité n’a pas beaucoup changé. Malgré sa notoriété, le coach de Toulouse évite les strass et fuit les paillettes. Sa vie est posée, discrète, humble. A son image. « Il préfère le troquet tranquille au resto bling-bling, résume son fils. Il est presque gêné que les gens reconnaissent dans la rue. Il n’aime pas péter plus haut que son cul ». Dans la ville rose, Dupraz se fond donc dans la masse, fait ses courses au supermarché du coin et prend même le métro ! « Ça surprend tout le monde que je prenne le métro, a-t-il réagi le mois dernier. Les gens regardent et ils disent : "Putain, il prend le métro !" Pourquoi je ne prendrai pas le métro ? Je ne suis pas un extraterrestre quand même ! Qu’est-ce que j’ai fait d’extravagant ? J’ai pris le métro, j’ai discuté et j’ai passé un bon moment ».

Il aime Ferguson et les chants corses

S’il ne devait en citer qu’un, ce serait à lui : Sir Alex Ferguson. Pascal Dupraz voue une admiration sans borne à l’ancien coach de Manchester United. Il rêve de rencontrer l’emblématique technicien écossais. L’autre idole de sa vie se prénomme Jo. C’est son père. « Il dit souvent : "Ma maman m’a donné de l’instruction, elle voulait que je sois pilote de chasse, et mon père m’a transmis l’abnégation, cette idée de ne jamais renoncer" », glisse son fils Julian. D’une manière plus générale, Pascal Dupraz aime les histoires de clan et de familles soudées. Il a par exemple beaucoup aimé « Les Lyonnais », le film d’Olivier Marchal, qui retrace l’histoire du gang des Lyonnais dans les années 1970. Il écoute aussi souvent des chants corses, notamment le groupe I Muvrini. « Les Corses se rapprochent de sa mentalité. Il se retrouve dans leur attachement à leur terre, comme lui pour la Savoie », explique un membre de son entourage. Dupraz affectionne d’ailleurs particulièrement les déplacements à Bastia, où il très apprécié. 

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Il a reçu les conseils de Mourinho

Fin 2013, Pascal Dupraz est à la tête d’Evian-Thonon-Gaillard. Après un match face à Reims, Hubert Fournier, l’entraîneur adverse, critique le jeu de son équipe devant les médias. La réponse fuse : « Si Mourinho me donne des conseils, franchement, je les prends, mais si d’autres se permettent sans cesse de juger le jeu des autres équipes, j’ai beaucoup plus de mal. » Quelques jours plus tard, lors d’un point presse, une journaliste évoque l’anecdote à José Mourinho, alors coach de Chelsea. Après un moment d’hésitation, le Special One accepte de jouer le jeu et répond à son homologue savoyard : « Il a été critiqué. Mais tout le monde est critiqué un jour. L’important, c’est de garder sa personnalité, de continuer à croire en soi. Il ne faut pas se laisser influencer par les critiques. Je pense que tu dois savoir vivre avec ça. Si c’est trop et que les gens dépassent la limite, fais comme j’ai fait à Madrid. Pas de presse, pas de télévision et pas de radio pendant trois ans. Et vis juste ta vie. » La saison suivante, Dupraz aura l’occasion de rendre la pareille à Mourinho avant un PSG-Chelsea en Ligue des champions. Mais il ne saisira pas l’opportunité, expliquant : « Je ne peux pas donner de conseil à Mourinho parce que je suis patriote, je veux que Paris gagne ! »

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur